• Un plan Marshall pour le bĂątiment

    Quand l’écologie devient une chance pour la France

    Il a fait 44,3 °C Ă  Pissos dans les Landes le 23 juin 2026. 42,5 °C Ă  Bordeaux. 42,1 °C Ă  Nantes. 41,5 °C Ă  Rennes. Pas en aoĂ»t, pas dans le Midi — en juin, dans l’ouest atlantique de la France, une rĂ©gion que rien n’avait prĂ©parĂ© Ă  de telles tempĂ©ratures. MĂ©tĂ©o-France l’a confirmĂ© : le 23 juin 2026 est la journĂ©e la plus chaude jamais enregistrĂ©e dans notre pays depuis le dĂ©but des mesures. Quarante-neuf dĂ©partements en vigilance rouge. Un Ă©pisode comparable, en sĂ©vĂ©ritĂ© mĂ©tĂ©orologique, Ă  aoĂ»t 2003.

    Pendant ces journĂ©es, dans des millions de logements français, des familles ont vĂ©cu enfermĂ©es dans des bouilloires thermiques. Des appartements sous des toitures zinc qui accumulent la chaleur depuis l’aube. Des pavillons des annĂ©es 1970 aux murs fins, sans volets extĂ©rieurs, sans isolation, sans inertie thermique. Des logements conçus pour survivre Ă  l’hiver breton ou normand — pas pour traverser une semaine Ă  40 degrĂ©s. Ce ne sont pas des passoires en hiver seulement : ce sont des fours en Ă©tĂ©, des piĂšges pour les personnes ĂągĂ©es, les nourrissons, les malades. Cette rĂ©alitĂ© n’est pas une anomalie climatique. C’est notre avenir ordinaire, si nous ne changeons rien.

    Il est temps de nommer les choses clairement : la France a besoin d’un plan Marshall pour son bĂątiment. Non pas un empilement de dispositifs fiscaux conçus dans les sous-sols de Bercy, non pas une prime supplĂ©mentaire saupoudrĂ©e sur quelques milliers de mĂ©nages, mais une mobilisation de grande ampleur, coordonnĂ©e, financĂ©e sur la durĂ©e, portĂ©e politiquement au plus haut niveau. Un effort de reconstruction nationale — comme celui que les États-Unis ont consenti pour reconstruire l’Europe en 1948. Mais cette fois pour reconstruire nos murs, nos toits, nos planchers, et avec eux, notre indĂ©pendance et notre prospĂ©ritĂ©.

    Ce que dix ans de discours macronien ont produit : pas grand-chose

    Avant de parler d’avenir, il faut regarder en face ce que les deux mandats d’Emmanuel Macron ont laissĂ© derriĂšre eux sur le logement : une page presque blanche, selon les termes mĂȘmes de la Fondation AbbĂ© Pierre. Non par manque d’intentions affichĂ©es — les annonces ont Ă©tĂ© nombreuses — mais par refus constant de mettre les moyens Ă  la hauteur des enjeux.

    DĂšs 2017, le candidat Macron promettait de rĂ©nover un million de passoires thermiques appartenant Ă  des mĂ©nages modestes sur cinq ans. Le rĂ©sultat ? Les objectifs ont Ă©tĂ© discrĂštement rĂ©duits Ă  75 000 rĂ©novations par an, sans financement assurĂ©, sans plan concret. Macron lui-mĂȘme l’a reconnu en 2022, lors de sa campagne de réélection : « le dĂ©but du quinquennat n’a pas Ă©tĂ© marquĂ© par des rĂ©sultats Â» en matiĂšre de logement. Aveu rarissime — et immĂ©diatement suivi de nouvelles promesses tout aussi creuses. Car le second mandat n’a pas corrigĂ© le tir. MaPrimeRĂ©nov’ a certes permis de financer 650 000 interventions en 2021, mais 86 % de ces travaux ne concernaient qu’un seul geste isolĂ© — changer une fenĂȘtre, poser un thermostat — sans produire les sauts Ă©nergĂ©tiques rĂ©els attendus.

    Le bĂątiment, dans la pensĂ©e macronienne, n’a jamais Ă©tĂ© un enjeu stratĂ©gique de premier rang. On y a consacrĂ© des crĂ©dits symboliques, des missions parlementaires, des comitĂ©s ThĂ©odule. On a lancĂ© des « chocs d’offre Â» qui n’ont rien choquĂ© du tout. Le rĂ©sultat, c’est que nous sommes en juin 2026, en pleine canicule historique, avec 5,4 millions de logements classĂ©s F ou G, et une filiĂšre BTP qui manque structurellement de 150 000 Ă  170 000 professionnels qualifiĂ©s.

    Le dicton dit pourtant : quand le bĂątiment va, tout va. Ce n’est pas un slogan de campagne — c’est une rĂ©alitĂ© Ă©conomique vieille de plusieurs gĂ©nĂ©rations. Le bĂątiment est l’un des secteurs Ă  multiplicateur keynĂ©sien le plus fort de l’économie française : chaque euro investi circule, se transforme en salaires, en commandes, en cotisations, en TVA. Ignorer cette rĂ©alitĂ© pendant dix ans en faveur d’une Ă©conomie numĂ©rique dĂ©sindustrialisĂ©e est une faute politique dont nous payons aujourd’hui le prix — en degrĂ©s celsius.

    Le diagnostic que personne ne conteste vraiment

    5,4 millions. C’est le nombre de logements classĂ©s F ou G en France. Ces bouilloires thermiques consomment en moyenne trois Ă  cinq fois plus d’énergie qu’un bĂątiment rĂ©novĂ© rĂ©cent. Leurs occupants, souvent parmi les mĂ©nages les plus modestes, consacrent une part disproportionnĂ©e de leurs revenus au chauffage l’hiver — et souffrent ou meurent l’étĂ©. La prĂ©caritĂ© Ă©nergĂ©tique touche en France environ 11 millions de personnes.

    Le secteur du bĂątiment reprĂ©sente environ 44 % de la consommation Ă©nergĂ©tique nationale et 27 % des Ă©missions de gaz Ă  effet de serre. Ce n’est pas un secteur parmi d’autres : c’est le premier levier de dĂ©carbonation disponible, avec des technologies matures, dĂ©ployables dĂšs aujourd’hui. Les projections climatiques de MĂ©tĂ©o-France sont sans appel : avant 1989, une canicule survenait environ un Ă©tĂ© sur cinq en France ; depuis les annĂ©es 2000, on en observe presque chaque annĂ©e. Le nombre de jours de vagues de chaleur pourrait ĂȘtre multipliĂ© par cinq d’ici 2050. Ce n’est pas un scĂ©nario catastrophiste — c’est la trajectoire actuelle.

    Une injustice sociale que personne ne nomme assez fort

    La prĂ©caritĂ© Ă©nergĂ©tique n’est pas une statistique abstraite. C’est une rĂ©alitĂ© physique, quotidienne, silencieuse — et profondĂ©ment inĂ©galitaire. En 2025, 36 % des Français ont eu des difficultĂ©s Ă  payer leurs factures d’énergie, 35 % dĂ©clarent avoir eu froid chez eux en hiver, et 48 % ont souffert de la chaleur pendant au moins vingt-quatre heures dans leur logement. Ces chiffres ne concernent pas de façon homogĂšne l’ensemble de la sociĂ©tĂ©. Ils dĂ©signent les mĂȘmes : locataires du parc privĂ© dĂ©gradĂ©, propriĂ©taires modestes en zone rurale, retraitĂ©s aux pensions Ă©troites, familles monoparentales en pĂ©riphĂ©rie, rĂ©sidents des quartiers populaires encl avĂ©s dans des immeubles construits dans l’urgence des annĂ©es 1960 et 1970.

    La rĂ©alitĂ© est celle-ci : les mĂ©nages les plus modestes sont deux fois plus exposĂ©s au risque de surchauffe estivale que les foyers les plus aisĂ©s. Ce ne sont pas eux qui ont choisi leur logement bouilloire. Ce sont eux qui le subissent le plus durement — parce qu’ils n’ont pas les moyens d’acheter un climatiseur, de financer une rĂ©novation, ni de dĂ©mĂ©nager. Ce sont eux aussi qui meurent davantage lors des canicules : la surmortalitĂ© lors des Ă©pisodes de chaleur extrĂȘme frappe en prioritĂ© les personnes ĂągĂ©es isolĂ©es, les malades chroniques, les nourrissons — tous concentrĂ©s, statistiquement, dans les logements les moins performants.

    Pendant ce temps, les aides reculent. MaPrimeRĂ©nov’ a Ă©tĂ© progressivement rabotĂ© : avec 500 millions de crĂ©dits retirĂ©s. Le chĂšque Ă©nergie — principale bouĂ©e pour les mĂ©nages en prĂ©caritĂ© — atteint en moyenne 150 euros par an, quand les factures dĂ©passent souvent 1 400 euros par foyer. Et environ 25 % des mĂ©nages Ă©ligibles ne le demandent mĂȘme pas, dĂ©couragĂ©s par la complexitĂ© des dĂ©marches. L’État saupoudre lĂ  oĂč il faudrait construire.

    Il y a dans cette situation quelque chose de moralement inacceptable : nous demandons aux plus modestes de payer l’addition d’un modĂšle de construction et d’énergie dont ils n’ont jamais tirĂ© profit. L’angle social du plan Marshall pour le logement n’est pas un supplĂ©ment d’ñme ajoutĂ© pour la galerie — c’est sa justification premiĂšre. RĂ©nover les passoires thermiques, c’est d’abord libĂ©rer des millions de mĂ©nages d’une double peine : payer trop pour une Ă©nergie qui chauffe mal l’hiver et tue l’étĂ©.

    Il faut donc que ce plan soit flĂ©chĂ© prioritairement vers les plus vulnĂ©rables. Le tiers-financement — l’État ou un opĂ©rateur tiers avance les fonds, remboursĂ©s ensuite sur les Ă©conomies d’énergie — est l’outil dĂ©cisif pour dĂ©verrouiller cette rĂ©novation sociale. Sans lui, le plan Marshall ne rĂ©nove que les logements dont les propriĂ©taires ont dĂ©jĂ  les moyens de se rĂ©nover. Et ce n’est pas un plan Marshall — c’est une prime pour les plus aisĂ©s.

    La climatisation généralisée : une fausse sortie, une vraie impasse

    Face Ă  cette rĂ©alitĂ©, la tentation est comprĂ©hensible : installer des climatiseurs partout. Le taux d’équipement des mĂ©nages français est dĂ©jĂ  passĂ© de 14 % Ă  25 % entre 2016 et 2020. On comprend : quand il fait 42 °C dans une bouilloire thermique, on n’a pas le temps d’attendre la rĂ©novation globale.

    Soyons honnĂȘtes : la climatisation sauve des vies en pĂ©riode de canicule extrĂȘme. En France, l’électricitĂ© Ă©tant largement dĂ©carbonĂ©e grĂące au nuclĂ©aire, l’empreinte carbone d’un climatiseur est structurellement plus faible que dans les pays dĂ©pendants du gaz ou du charbon. Ce n’est pas rien.

    Mais la climatisation de masse comporte un vice fondamental : elle traite le symptĂŽme, pas la cause. Et surtout, elle aggrave activement ce contre quoi elle est censĂ©e lutter. Les simulations de MĂ©tĂ©o-France et du CNRS montrent qu’une utilisation massive de la climatisation dans tous les bĂątiments parisiens pourrait augmenter la tempĂ©rature de l’air extĂ©rieur de 2,4 °C la nuit — et jusqu’à 3,6 °C lors d’un Ă©pisode encore plus extrĂȘme. Refroidir l’intĂ©rieur rĂ©chauffe la rue. Chaque climatiseur individuel transfĂšre sa chaleur sur les voisins qui n’en ont pas. C’est une externalitĂ© nĂ©gative de masse, payĂ©e par les plus fragiles.

    La climatisation peut ĂȘtre un filet de sĂ©curitĂ© d’urgence pour les plus vulnĂ©rables. Elle ne peut pas ĂȘtre la politique thermique d’un grand pays qui prĂ©tend penser Ă  long terme.

    Un investissement, pas une dĂ©pense : rĂ©pondre aux fossoyeurs de l’avenir

    Il faut nommer ce qui se passe vraiment dans le dĂ©bat public français sur l’énergie et le climat. D’un cĂŽtĂ©, des faits : 23 juin 2026, journĂ©e la plus chaude jamais enregistrĂ©e. Canicules annuelles lĂ  oĂč elles survenaient une fois tous les cinq ans. De l’autre, un discours de dĂ©nĂ©gation, de relativisation et de blocage qui poursuit un seul objectif : ne rien changer.

    Les climatosceptiques d’abord ; ceux qui, face Ă  des records absolus de chaleur battus en juin dans l’ouest de la France, trouvent encore le moyen de parler de « cycles naturels Â» ou de « variabilitĂ© normale Â». Leur crĂ©dibilitĂ© scientifique est nulle : 52 vagues de chaleur ont Ă©tĂ© recensĂ©es en France depuis 1947, dont 33 entre 1989 et 2022. Le dĂ©ni climatique n’est plus une opinion : c’est une faute politique, et bientĂŽt une faute morale comptable en vies humaines.

    Les anti-ENR ensuite — ceux qui s’opposent Ă  chaque Ă©olienne, Ă  chaque parc solaire, Ă  chaque projet de gĂ©othermie au nom d’arguments esthĂ©tiques ou locaux, tout en refusant d’assumer que leur confort de consommateur est payĂ© par des importations fossiles russes, qataries ou amĂ©ricaines. L’éolien offshore au large des cĂŽtes normandes ne dĂ©figure pas le paysage : il garantit l’indĂ©pendance Ă©nergĂ©tique de la rĂ©gion. La gĂ©othermie est invisible et silencieuse — les sondes sont enfouies sous terre. Refuser toutes ces solutions sans en proposer d’autres, c’est choisir le statu quo fossile. Et le statu quo fossile, en juin 2026, a un goĂ»t de 44 °C dans les Landes.

    La rĂ©novation thermique n’est pas une dĂ©pense — c’est un investissement massif Ă  retour garanti. Les Ă©conomistes Jean Pisani-Ferry et Selma Mahfouz ont estimĂ© Ă  48 milliards d’euros les investissements supplĂ©mentaires annuels nĂ©cessaires pour tenir les objectifs climatiques dans le bĂątiment et les transports d’ici 2030. Chaque euro investi dans l’isolation gĂ©nĂšre des Ă©conomies directes sur les importations d’énergie. Cet argent reste sur le territoire national, circule dans les entreprises françaises, nourrit des emplois locaux non dĂ©localisables. Il n’y a pas d’argument rationnel contre ce plan. Il n’y a que des intĂ©rĂȘts fossiles Ă  dĂ©fendre, et des postures Ă  tenir.

    Le bùtiment bioclimatique : une philosophie trop longtemps ignorée

    Au cƓur du plan Marshall Ă  construire, il y a une idĂ©e Ă  la fois ancienne et trop peu prĂ©sente dans le dĂ©bat public : le bĂątiment bioclimatique. Non pas une technologie futuriste, mais une philosophie de conception qui utilise l’environnement naturel — orientation solaire, vĂ©gĂ©tation, thermique de masse, circulation de l’air — comme premier outil de rĂ©gulation thermique.

    Un bĂątiment bien orientĂ© au sud, avec des casquettes solaires correctement dimensionnĂ©es, des matĂ©riaux Ă  forte inertie thermique, une ventilation naturelle traversante, peut voir ses besoins en Ă©nergie rĂ©duits de 40 Ă  70 % avant mĂȘme d’avoir posĂ© un seul panneau photovoltaĂŻque ou installĂ© une pompe Ă  chaleur. C’est la maison provençale traditionnelle rĂ©interprĂ©tĂ©e avec les outils du XXIe siĂšcle. C’est aussi la logique des Ă©co-quartiers scandinaves, des Passivhaus allemandes — des logements qui ne sont pas des bouilloires thermiques en Ă©tĂ© parce qu’ils ont Ă©tĂ© pensĂ©s comme tels dĂšs la conception.

    Ce qui manque, c’est la massification : des rĂ©fĂ©rentiels intĂ©grĂ©s dans les appels d’offres publics, des formations initiales qui enseignent ces approches, des rĂšgles d’urbanisme qui cessent de les contrarier.

    La gĂ©othermie : assis sur une mine d’or — de chaleur et de fraĂźcheur

    François Bayrou l’a dit lui-mĂȘme au salon de la gĂ©othermie de Biarritz en juin 2025 : « On est debout sur une mine d’or. En France, on utilise 1 % de nos capacitĂ©s gĂ©othermiques. Â»

    Les chiffres donnent le vertige. La gĂ©othermie ne fournit qu’environ 1 % du chauffage national, alors que cette Ă©nergie est disponible sur plus de 90 % du territoire et pourrait couvrir, selon l’AcadĂ©mie des technologies, au moins 70 % des besoins thermiques des bĂątiments et des procĂ©dĂ©s industriels. Le bassin parisien dispose du Dogger, un aquifĂšre entre 1 500 et 2 000 mĂštres de profondeur dont l’eau avoisine 60 Ă  80 °C — une ressource exceptionnelle alimentant dĂ©jĂ  une cinquantaine de rĂ©seaux de chaleur franciliens, mais qui pourrait en alimenter des centaines d’autres.

    Mais ce que l’on dit trop peu, c’est que la gĂ©othermie ne chauffe pas seulement : elle rafraĂźchit aussi. C’est toute la logique du gĂ©ocooling — ou freecooling gĂ©othermique. Le principe est d’une Ă©lĂ©gance physique remarquable : Ă  partir de 3 mĂštres de profondeur, le sous-sol maintient en France une tempĂ©rature constante de 8 Ă  16 °C, Ă©tĂ© comme hiver. En pĂ©riode de canicule, il suffit de faire circuler un fluide dans les sondes gĂ©othermiques enterrĂ©es pour rĂ©cupĂ©rer cette fraĂźcheur naturelle et la diffuser dans le bĂątiment — sans compresseur, sans rejet de chaleur dans la rue, avec une consommation Ă©lectrique quasi nulle. L’ADEME mesure pour ces systĂšmes des coefficients de performance pouvant atteindre 30 Ă  40 — Ă  comparer au coefficient 3 ou 4 d’un climatiseur classique. En clair : pour 1 kWh d’électricitĂ© consommĂ©, le gĂ©ocooling produit jusqu’à 40 kWh de froid.

    Mieux encore : lĂ  oĂč la climatisation conventionnelle aggrave les Ăźlots de chaleur urbains en rejetant l’air chaud dans la rue, le gĂ©ocooling fait l’inverse — il transfĂšre la chaleur du bĂątiment vers le sous-sol, sans rĂ©chauffer l’environnement extĂ©rieur. Un immeuble Ă©quipĂ© maintient 24 Ă  25 °C en pleine canicule, sans bruit, sans facture, sans aggraver la situation de ses voisins.

    La dynamique de dĂ©ploiement a pourtant reculĂ© : en 2008, on installait 21 700 pompes Ă  chaleur gĂ©othermiques individuelles par an en France ; en 2024, Ă  peine 2 700. La gĂ©othermie a une qualitĂ© que n’ont ni le solaire ni l’éolien : elle est stable, pilotable, disponible 24 heures sur 24, indĂ©pendante du vent et du soleil. Si l’on cherche l’incarnation parfaite de l’écologie vertueuse, c’est elle.

    La question gĂ©opolitique que l’on n’ose pas nommer

    La rĂ©novation thermique est aussi, profondĂ©ment, une question de souverainetĂ©. En 2024, la chaleur reprĂ©sentait 45 % de la consommation Ă©nergĂ©tique nationale, dont 73 % assurĂ©s par des sources fossiles. L’invasion de l’Ukraine a rappelĂ© ce que tout le monde savait mais prĂ©fĂ©rait ignorer : financer Gazprom en chauffant mal nos logements, c’était payer pour l’armĂ©e russe.

    RĂ©nover nos bĂątiments, dĂ©ployer la gĂ©othermie, construire en bioclimatique — c’est rompre avec des chaĂźnes d’approvisionnement qui nous lient Ă  des États dont les intĂ©rĂȘts ne sont pas les nĂŽtres. C’est un acte de politique Ă©trangĂšre autant qu’un acte Ă©cologique. Un acte que dix ans de macronisme n’ont pas eu le courage de poser Ă  la hauteur nĂ©cessaire.

    D’oĂč viendront les bras — et l’honnĂȘtetĂ© politique

    Un plan Marshall pour le bĂątiment se heurte Ă  un mur humain autant qu’à un mur financier. Le secteur BTP manque structurellement de 150 000 Ă  170 000 profils chaque annĂ©e. Plus de 65 % des projets de recrutement dans la construction sont jugĂ©s difficiles. D’ici 2030, il faudra remplacer 177 000 dĂ©parts Ă  la retraite dans le seul second Ɠuvre.

    Ici, il faut nommer une contradiction politique majeure — et elle concerne directement l’extrĂȘme droite. Le Rassemblement national et ses alliĂ©s font du contrĂŽle de l’immigration leur marqueur identitaire absolu. Mais les chiffres disent ce que les tribunes taisent : les travailleurs immigrĂ©s reprĂ©sentent aujourd’hui 27 % des ouvriers non qualifiĂ©s du gros Ɠuvre du BTP et 24,8 % des ouvriers qualifiĂ©s Ă  l’échelle nationale. En Île-de-France, cette proportion monte Ă  60 % des ouvriers du gros Ɠuvre. 65 % des chefs d’entreprises du bĂątiment dĂ©clarent ne pas pouvoir se passer de main-d’Ɠuvre Ă©trangĂšre. Ce n’est pas une anomalie rĂ©cente — c’est une rĂ©alitĂ© structurelle qui remonte Ă  la reconstruction d’aprĂšs-guerre.

    Fermer les frontiĂšres, c’est trĂšs concrĂštement paralyser les chantiers. C’est retarder ou annuler la rĂ©novation thermique des sept millions de passoires. Et c’est aggraver la crise du logement que le programme de l’extrĂȘme droite prĂ©tend rĂ©soudre. On ne peut pas vouloir rĂ©nover la France et fermer la porte aux gens qui tiennent les perceuses. Ce n’est pas de l’idĂ©ologie — c’est de l’arithmĂ©tique.

    La vraie politique repose sur trois leviers : la revalorisation des mĂ©tiers manuels, attirer les jeunes Français dans des filiĂšres BTP revalorisĂ©es ; la transformation technologique de la filiĂšre — prĂ©fabrication hors-site, kits de rĂ©novation standardisĂ©s ; et une immigration de travail assumĂ©e et â€” rĂ©munĂ©rations alignĂ©es sur les conventions collectives, lutte contre le dumping social, accompagnement Ă  l’intĂ©gration rĂ©elle.

    Ce que devrait contenir ce plan Marshall

    Une gouvernance unifiĂ©e et durable. La rĂ©novation Ă©nergĂ©tique est aujourd’hui dispersĂ©e entre une dizaine de guichets et de dispositifs qui s’empilent. Il faut une agence nationale dotĂ©e d’un mandat clair et d’une durĂ©e de vie garantie au-delĂ  des cycles Ă©lectoraux.

    Un financement Ă  la hauteur. Fonds publics nationaux, leviers europĂ©ens du Green Deal encore sous-utilisĂ©s, prĂȘts bonifiĂ©s Ă  taux zĂ©ro pour les mĂ©nages modestes, tiers-financement pour ceux qui ne peuvent pas avancer les fonds, obligation de rĂ©novation progressive intĂ©grĂ©e dans les transactions immobiliĂšres.

    Une filiĂšre bioclimatique intĂ©grĂ©e dans les normes. Les marchĂ©s publics doivent intĂ©grer des critĂšres de conception bioclimatique, pas seulement de performance thermique. L’une s’achĂšte, l’autre se conçoit.

    Un plan gĂ©othermie rĂ©ellement exĂ©cutĂ©. Simplification rĂ©glementaire rĂ©elle, fonds de garantie pour le risque de forage, programme massif de formation des gĂ©othermiciens.

    Un choc de formation professionnelle. FiliĂšres courtes et qualifiantes, revalorisation des CAP et BTS du bĂątiment, passerelles entre mĂ©tiers, apprentissage rĂ©munĂ©rĂ© Ă  un niveau qui rende ces filiĂšres attractives.

    Combien de temps, quels résultats, quelle pérennité ?

    Un plan Marshall ne se décrÚte pas du jour au lendemain. Il se construit par phases, avec des jalons mesurables, une montée en puissance progressive, et des effets qui se cumulent sur la durée.

    Phase 1 — Amorçage : poser les fondations. Gouvernance unifiĂ©e, filiĂšres de formation, simplification rĂ©glementaire gĂ©othermique, outils de financement. La StratĂ©gie nationale bas-carbone fixe une cible de 550 000 Ă  600 000 rĂ©novations d’ampleur par an dĂšs 2030 — on n’y arrivera pas sans avoir semĂ© le terrain avant.

    Phase 2 — AccĂ©lĂ©ration : le cƓur du plan. Le scĂ©nario nĂ©gaWatt prĂ©voit 780 000 rĂ©novations performantes par an Ă  partir de 2032. L’ADEME table sur un million en rythme de croisiĂšre. Ces chiffres impliquent un besoin supplĂ©mentaire de main-d’Ɠuvre estimĂ© entre 170 000 et 250 000 Ă©quivalents temps plein Ă  l’horizon 2030. Les impacts Ă©conomiques commencent Ă  se faire sentir nettement : baisse des factures, rĂ©duction des importations fossiles, montĂ©e en puissance des rĂ©seaux gĂ©othermiques, revalorisation du parc immobilier rĂ©novĂ©.

    Phase 3 — Consolidation : les fruits du travail. L’ADEME projette une baisse de 60 % de la consommation moyenne au mĂštre carrĂ© Ă  l’horizon 2050. Les modĂ©lisations macroeconomiques ADEME/OFCE Ă©valuent Ă  entre 690 000 et 875 000 les emplois nets créés, avec un gain Ă©quivalent Ă  deux annĂ©es de croissance du PIB. La rĂ©novation de toutes les passoires thermiques Ă©viterait en outre prĂšs de 10 milliards d’euros de coĂ»ts de santĂ© par an.

    La vraie pĂ©rennitĂ© vient du fait que les investissements rĂ©alisĂ©s ne disparaissent pas. Un mur isolĂ© reste isolĂ© pendant cinquante ans. Une sonde gĂ©othermique dure quarante ans. Un bĂątiment bioclimatique conçu aujourd’hui rendra des services thermiques Ă  ses occupants pendant un siĂšcle. Ce n’est pas une dĂ©pense de fonctionnement : c’est du capital physique territorial, incorporĂ© dans le bĂąti national.

    Pour conclure : l’écologie comme chance, pas comme contrainte

    Les nouvelles canicules de mai et juin 2026 ne sont pas un avertissement. C’est une confirmation. Nous savions. Nous avons choisi de regarder ailleurs pendant dix ans.

    Un plan Marshall pour le logement n’est pas une punition Ă©cologique infligĂ©e aux propriĂ©taires ou aux mĂ©nages modestes. C’est l’inverse : c’est une politique industrielle, sociale et souveraine, qui rĂ©duit les factures, crĂ©e des emplois non dĂ©localisables, diminue notre dĂ©pendance Ă  des rĂ©gimes Ă©trangers, amĂ©liore le confort et la santĂ© de millions de Français, et remet en route une filiĂšre qui, lorsqu’elle tourne, tire toute l’économie avec elle.

    Quand le bĂątiment va, tout va. Cette vĂ©ritĂ© n’a pas pris une ride. Ce qui a changĂ©, c’est qu’aujourd’hui, le bĂątiment ne va pas — et nous en payons le prix en degrĂ©s celsius, en factures d’énergie, et en dĂ©pendances gĂ©opolitiques. Il est temps que la France se dĂ©cide Ă  le reconstruire, non pas Ă  coups de primes symboliques et de plans quinquennaux oubliĂ©s dĂšs l’annĂ©e suivante, mais avec la conviction et les moyens d’un vrai projet national.

    Ce rendez-vous avec notre bĂąti, nous ne pouvons plus le remettre.

  • Comment le populisme exĂ©cute le manuel autoritaire contre l’audiovisuel public

    La commission est finie. Le mal est fait. Et il ne vient pas de nulle part.

    A l’issue de sa derniĂšre audition, Delphine Ernotte a prononcĂ© quatre mots : « L’audiovisuel public est debout. » Il fallait du cran pour les dire aprĂšs quatre mois de ce que nous venons de vivre. Il faut maintenant du courage politique pour appeler les choses par leur nom.

    Ce que Charles Alloncle a conduit Ă  l’AssemblĂ©e nationale depuis novembre 2025 n’Ă©tait pas une commission d’enquĂȘte. C’Ă©tait une opĂ©ration de dĂ©stabilisation, empruntant les formes de la dĂ©mocratie pour en saper les fondements. Et cette opĂ©ration, s’inscrit dans une sĂ©quence internationale que nous reconnaissons tous, parce qu’elle a dĂ©jĂ  rĂ©ussi ailleurs.

    Le manuel existe. Il a déjà tué des démocraties.

    En 2001, Vladimir Poutine fait prendre le contrĂŽle de NTV, la principale chaĂźne d’information indĂ©pendante russe. Il n’a pas envoyĂ© des chars. Il a envoyĂ© des actionnaires. Il a utilisĂ© des procĂ©dures lĂ©gales, des commissions de contrĂŽle, des audits fiscaux. La forme Ă©tait irrĂ©prochable. Le rĂ©sultat fut la fin du pluralisme mĂ©diatique russe — et une Ă©tape dĂ©cisive vers ce que la Russie est devenue.

    En 2010, Viktor OrbĂĄn a remportĂ© les Ă©lections en Hongrie. En moins de dix ans, il a rachetĂ© ou fait racheter par des proches l’essentiel des mĂ©dias privĂ©s, asphyxiĂ© le service public, et rendu le paysage mĂ©diatique hongrois mĂ©connaissable. Chaque Ă©tape Ă©tait prĂ©sentĂ©e comme une rĂ©forme. Chaque Ă©tape Ă©tait, en rĂ©alitĂ©, un verrou supplĂ©mentaire sur la dĂ©mocratie. L’Union europĂ©enne a regardĂ©. Et n’a rien fait Ă  temps. Celle qui s’est rĂ©cemment rĂ©affirmĂ©e comme son « amie » et candidate Ă  la prĂ©sidence française approuve par son silence.

    Aux États-Unis, Donald Trump a qualifiĂ© les journalistes d’« ennemis du peuple » dĂšs son premier mandat — une formule stalinienne, rappelons-le. Il a transformĂ© chaque confĂ©rence de presse en tribunal, chaque commission sĂ©natoriale en scĂšne d’humiliation, chaque chaĂźne publique en cible de campagne. Fox News amplifiait. X diffusait. Et la rĂ©alitĂ© se fragmentait jusqu’Ă  ce que plus personne ne sache ce qui Ă©tait vrai.

    Le manuel du fausse-voyeur démocratique en quatre déclinaisons

    Poutine – Russie

    Étape 1 : la procĂ©dure. On ne censure pas, on contrĂŽle, on audite, on convoque. La forme lĂ©gale protĂšge. Le fond dĂ©truit. NTV contrĂŽlĂ©e par des actionnaires, pas par des soldats.

    OrbĂĄn – Hongrie

    Étape 2 : l’Ă©rosion. On dĂ©lĂ©gitimise avant de privatiser. On convainc l’opinion que le service public est partial, coĂ»teux, inutile. Puis on laisse les oligarques proches du pouvoir ramasser les morceaux.

    Trump – États-Unis

    Étape 3 : la saturation. On ne cherche pas Ă  convaincre, on sature, on outrage, on Ă©puise. Les extraits tronquĂ©s sur les rĂ©seaux, les qualificatifs militants, les « fake news » permanentes. La vĂ©ritĂ© se noie dans le bruit.

    Alloncle – France

    Étape 4 : l’importation. Commission d’enquĂȘte transformĂ©e en tribunal. Document Word partagĂ© en temps rĂ©el pour alimenter le rapporteur. Extraits tronquĂ©s diffusĂ©s sur X. Soutien assumĂ© de la galaxie BollorĂ©. Ambition dĂ©clarĂ©e : le ministĂšre de la Culture de Jordan Bardella (ou de la Censure ?).

    La diffĂ©rence d’Ă©chelle ne change pas la nature de la chose. Charles Alloncle n’a pas (encore) les moyens de Poutine ni le pouvoir d’OrbĂĄn. Mais il applique exactement la mĂȘme logique à l’Ă©chelle qui est la sienne : dĂ©lĂ©gitimer, discrĂ©diter, prĂ©parer le terrain. Fossoyeur en apprentissage, mais fossoyeur quand mĂȘme.

    Un CV et le courage des lĂąches

    Trente-deux ans, bien peignĂ©, bien formĂ©, bien connectĂ©. Charles Alloncle est tout sauf un idiot. C’est ce qui rend sa dĂ©marche inexcusable. L’ignorance peut expliquer bien des choses ; la compĂ©tence ne pardonne rien. Il sait exactement ce qu’il fait. Il sait que ses extraits tronquĂ©s sont des mensonges par sĂ©lection. Il sait que ses « Hallucinant ! Ahurissant ! » postĂ©s sur X ne sont pas du journalisme. Il sait que comparer l’audiovisuel public Ă  l’affaire Dreyfus, comme il l’a laissĂ© faire en couverture de L’Incorrect, est une indĂ©cence que son propre prĂ©sident de commission a condamnĂ©e.

    Il le sait. Et il continue. Parce que cela cartonne sur les rĂ©seaux. Parce que Pascal Praud le couvre de louanges. Parce qu’Éric Ciotti l’a mandatĂ© pour cela. Parce que Jordan Bardella attend, et qu’un portefeuille ministĂ©riel se mĂ©rite.

    « Charles Alloncle se comporte comme un petit procureur maccarthyste. On se croirait en plein procĂšs soviĂ©tique de l’audiovisuel public, oĂč l’acte d’accusation est dĂ©jĂ  rĂ©digĂ©. » Ayda HADIZADEH, dĂ©putĂ©e Socialiste.

    L’adjectif « maccarthyste » n’est pas une exagĂ©ration rhĂ©torique. Joseph McCarthy, sĂ©nateur amĂ©ricain des annĂ©es 1950, avait inventĂ© prĂ©cisĂ©ment ce dispositif : convoquer des citoyens devant une commission, les accuser de connivence avec l’ennemi idĂ©ologique, diffuser les charges avant tout jugement, laisser la machine mĂ©diatique amplifier. Il a fallu qu’Edward R. Murrow, journaliste de CBS, dise en direct ce que tout le monde voyait, pour que le charme se brise. Soixante-dix ans plus tard, Charles Alloncle rejoue la scĂšne. Et Pascal Praud joue le rĂŽle de ceux qui applaudissent.

    BollorĂ©, Fox News et la mĂȘme usine

    ArrĂȘtons de faire semblant de ne pas voir. CNews n’est pas une chaĂźne d’information avec des biais ; c’est un outil politique, construit sur le modĂšle de Fox News, qui a pour mission de fabriquer le consentement Ă  la destruction de ce qui reste de service public dans ce pays. Roger Ailes a créé Fox News pour ça. Rupert Murdoch l’a financĂ© pour ça. Et quand la chaĂźne a accompagnĂ© Trump jusqu’Ă  la mise en cause des rĂ©sultats Ă©lectoraux de 2020, personne n’a prĂ©tendu que c’Ă©tait du journalisme.

    BollorĂ© a fait le mĂȘme voyage. Les formats sont copiĂ©s, les mĂ©thodes identiques, la cible la mĂȘme : le service public, l’Ă©cole rĂ©publicaine, les institutions culturelles : tout ce qui rĂ©siste Ă  la marchandisation et Ă  la radicalisation. Que cette chaĂźne porte Alloncle en triomphe n’est pas un soutien. C’est un aveu de complicitĂ©.

    Quand les héritiers de Bolloré vous couronnent héros civique, demandez-vous quel service vous rendez ; et à qui.

    Ce qu’il reste Ă  dĂ©fendre

    La Hongrie d’OrbĂĄn n’a pas perdu sa libertĂ© de presse en un jour. Elle l’a perdue audition aprĂšs audition, rĂ©forme aprĂšs rĂ©forme, privatisation aprĂšs privatisation — chaque Ă©tape prĂ©sentĂ©e comme raisonnable, chaque concession comme un compromis acceptable. Jusqu’au jour oĂč il n’y avait plus rien Ă  dĂ©fendre.

    L’audiovisuel public français, c’est France Inter dans la voiture d’un travailleur Ă  cinq heures du matin. C’est Arte pour le lycĂ©en qui n’a pas les moyens d’une plateforme de streaming. C’est France 3 qui couvre des actualitĂ©s locales quand personne d’autre ne le fait.

    C’est, pour reprendre la seule formule qui dit vraiment les choses , le patrimoine de ceux qui n’en ont pas. Et comme tout patrimoine des plus faibles, il est la premiĂšre cible de ceux qui veulent que la culture et l’accĂšs Ă  l’information soit rĂ©servĂ©e Ă  certains.

    Ce n’est pas une querelle de chapelles. C’est une question de civilisation. Les pays qui ont laissĂ© mourir leur service public audiovisuel ne l’ont pas regrettĂ© dans l’instant ; ils l’ont regrettĂ© le jour oĂč ils ont eu besoin d’une voix libre, et qu’il n’en restait plus une seule.

    Charles Alloncle finira peut-ĂȘtre ministre. Il aura ses couvertures en une de L’Incorrect, ses ovations sur X, ses adoubements dans les matinales de CNews. Ce qu’il laisse derriĂšre lui, ce ne sont pas des rĂ©formes. Ce sont les fondations d’un pays moins libre. Et cela, l’histoire le juge ; mĂȘme quand les contemporains applaudissent.

  • Meeting du 12 mars 2026

    Quentin LAGALLARDE

    Mesdames, Messieurs, mes chers amis, chers camarades,

    Nous avons souvent parlé de socialisme municipal pendant cette campagne. 

    Ce soir, j’ai envie de vous parler de quelque chose qui me touche. Vraiment. Pas d’un sujet que j’ai mis sur ma liste parce qu’il fallait le cocher. D’une conviction. D’une chose dont j’ai dĂ©couvert la rĂ©alitĂ© ici et qui est un combat que nous portons Ă  Place Publique.

    Je veux vous parler de ce que ça signifie, concrĂštement, d’ĂȘtre fĂ©ministe quand on est Ă©lu municipal. De ce que ça donne quand on traduit ce mot en actes. En budgets. En actions votĂ©es. Avec cette liste paritaire qui ne l’est pas par obligation mais par conviction.

    Ce fĂ©minisme-lĂ  a un nom. Je l’appelle le fĂ©minisme municipal. Et il tient en trois mots que vous connaissez.

    ProtĂ©ger. Transformer. Émanciper.

    Ce soir, je veux vous dire ce que ces trois mots signifient pour les femmes de Cherbourg-en-Cotentin.

    PROTÉGER.

    J’aime ce mot. Il est vieux. Il sent l’engagement. Il dit qu’on ne laisse pas tomber.

    Mais je veux ĂȘtre honnĂȘte : pendant longtemps, j’ai cru que protĂ©ger les femmes, c’Ă©tait les mettre Ă  l’abri. Les prendre en charge. Faire Ă  leur place.

    J’avais tort.

    ProtĂ©ger les femmes, ce n’est pas les enfermer dans une protection. C’est construire autour d’elles les conditions qui leur permettent de se tenir debout seules. C’est une diffĂ©rence Ă©norme. Et c’est une diffĂ©rence que j’ai mis du temps Ă  comprendre.

    Les femmes de cette ville nous les voyons tous les jours. Et d’autres sont moins visibles. Celles dans les centres sociaux. Dans des associations. Dans les salles d’attente du centre de santĂ©. Elles sont plus souvent prĂ©caires. Elles occupent plus souvent des emplois sous-payĂ©s, Ă  temps partiel, sans filet. Seize pour cent des enfants de Cherbourg-en-Cotentin vivent dans une famille monoparentale. Seize pour cent. Ce sont presque toujours des femmes seules qui Ă©lĂšvent ces enfants — avec tout ce que ça signifie en termes de charge, de fatigue, de renoncements.

    Une ville qui dit qu’elle protĂšge ses habitants et qui ferme les yeux lĂ -dessus — cette ville se raconte des histoires.

    Nous, nous avons choisi de ne pas nous raconter d’histoires.

    Nous avons ouvert un centre de santĂ© salariĂ©. Aujourd’hui, 1 200 femmes y sont suivies par une sage-femme. Pas par hasard — parce que nous avons dĂ©cidĂ© que l’accĂšs aux soins pour les femmes Ă©tait une prioritĂ©. Dans le prochain mandat, nous agrandirons ce centre pour accueillir plus de professionnels, dĂ©velopper l’offre de santĂ© pour les femmes et les enfants, et renforcer la lutte contre les violences faites aux femmes — avec une Ă©ducation Ă  la vie sexuelle et affective qui commence tĂŽt, parce que la protection commence par la connaissance.

    Nous avons créé un plan d’action dĂ©diĂ© aux familles monoparentales — tarification adaptĂ©e des activitĂ©s, accĂšs au logement facilitĂ©, modes de garde pensĂ©s pour elles, services de garde d’urgence pour les imprĂ©vus. Parce qu’une mĂšre seule qui perd son mode de garde Ă  sept heures du matin n’a pas besoin d’un discours. Elle a besoin d’une solution.

    Et nous allons plus loin sur la sĂ©curitĂ© des femmes dans l’espace public. Nous attendons de pied ferme la future loi sur les polices municipales donnera Ă  nos agents la capacitĂ© de verbaliser l’outrage sexiste et sexuel. Nous l’appliquerons. Parce que la rue appartient aux femmes autant qu’aux hommes. Parce que rentrer chez soi sans ĂȘtre harcelĂ©e n’est pas un privilĂšge. C’est un droit.

    ProtĂ©ger. Pas en surplomb. À cĂŽtĂ©. Ensemble.

    TRANSFORMER.

    Je suis arrivĂ© Ă  Cherbourg en novembre 2013. La premiĂšre chose que j’ai faite, c’est m’inscrire au club de rugby du quartier des Provinces.

    Et lĂ , j’ai vu quelque chose.

    Il y avait des filles. Des filles qui jouaient vraiment — qui plaquaient, qui courraient, qui gagnaient. Dans un club qui n’avait pas attendu qu’on lui dise d’ĂȘtre mixte. Qui l’avait choisi. Naturellement. FiĂšrement.

    Ces filles-lĂ  n’avaient pas demandĂ© la permission. Elles avaient dĂ©cidĂ© d’ĂȘtre lĂ . Et le club avait dit : oui. Et la ville avait dit : on vous soutient.

    C’est ça, transformer. Ne pas attendre. DĂ©cider.

    DĂ©cider que les gymnases ne sont plus rĂ©servĂ©s aux Ă©quipes masculines aux meilleures heures. DĂ©cider que nos 200 associations sportives — que nous soutenons et que nous continuerons de soutenir — accueillent les femmes Ă  Ă©galitĂ©, pas en supplĂ©ment. 

    Transformer, c’est aussi transformer la culture. Nous avons le festival « Femmes dans la ville » — pionnier, exigeant, reconnu. Nous allons le soutenir, le renforcer, le rĂ©inventer pour qu’il continue d’occuper l’espace public, de bousculer les regards, de poser les questions qui dĂ©rangent. Quitte Ă  se faire traiter de wokistes. Une ville qui ne bouscule pas ses habitudes ne se transforme pas. Elle se reproduit.

    Et transformer, c’est transformer la dĂ©mocratie elle-mĂȘme. Dans notre projet de renouvellement de la dĂ©mocratie participative, nous allons faire appel Ă  des habitants experts d’usage — des femmes et des hommes dont la position, la profession ou l’expĂ©rience viennent nourrir la dĂ©cision politique. Ce n’est pas une formule. C’est la reconnaissance que ceux qui vivent la ville savent des choses que les Ă©lus ne savent pas. Et que les femmes, souvent, en savent plus que les autres — parce qu’elles organisent, elles anticipent, elles font tenir les choses ensemble.

    Olympe de Gouges l’a Ă©crit en 1791 — et elle a Ă©tĂ© guillotinĂ©e trois mois aprĂšs pour l’avoir Ă©crit. « La femme a le droit de monter Ă  l’Ă©chafaud ; elle doit avoir Ă©galement celui de monter Ă  la tribune. » Nous sommes en 2026. Cette tribune — la voilĂ . Et ces femmes qui la mĂ©ritent — les voilĂ .

    Je veux m’arrĂȘter un moment sur les femmes qui portent cette liste avec nous. Elles ne sont pas lĂ  parce qu’on leur a fait une place. Elles sont lĂ  parce qu’elles ont construit leur place — Elisabeth, ValĂ©rie, Colette, Anne, Claudine, AgnĂšs, Anna, et toutes les autres. RetraitĂ©e, formatrice, infirmiĂšre, assistante sociale, psychologue, prof de danse, agricultrice. Des vies, des engagements, des compĂ©tences rĂ©elles. Pas des symboles. Des femmes. Et bien sĂ»r avec la pensĂ©e Ă©mue Ă  Lydie Le Poittevin, dont les combats ont Ă©tĂ© d’une force inspirante. 

    Notre liste est paritaire. Pas parce que la loi l’exige. Parce que nous y croyons. Parce qu’une liste qui prĂȘche l’Ă©galitĂ© et place les femmes en queue de cortĂšge est une liste qui se contredit.

    Je suis fier d’ĂȘtre sur cette liste avec elles. Vraiment fier.

    ÉMANCIPER.

    C’est le mot que je prĂ©fĂšre des trois. Et peut-ĂȘtre le plus difficile Ă  tenir.

    Parce qu’Ă©manciper, ce n’est pas offrir. Ce n’est pas accorder. Ce n’est pas dĂ©cider Ă  la place de. Émanciper, c’est ouvrir des possibles que des femmes pourront saisir — ou pas — selon ce qu’elles choisissent pour elles-mĂȘmes. C’est la diffĂ©rence entre la libertĂ© donnĂ©e et la libertĂ© construite.

    J’aime cette idĂ©e. J’y crois profondĂ©ment.

    L’Ă©mancipation passe d’abord par le concret le plus banal. Nous allons crĂ©er deux nouvelles UnitĂ©s Familiales d’Accueil Collectif — des assistantes maternelles embauchĂ©es par la Ville, exerçant dans des locaux municipaux, au centre social Françoise Giroud et Ă  l’Ă©cole de la Polle. Et au sein de la crĂšche des Églantines, une crĂšche-Ă©cole pour former les professionnels de la petite enfance. Pourquoi est-ce fĂ©ministe ? Parce qu’une femme qui n’a pas de mode de garde pour ses enfants n’est pas libre — mĂȘme si personne ne la retient. Ces crĂšches, ces assistantes maternelles, ces horaires adaptĂ©s : ce ne sont pas des dĂ©tails de gestion. Ce sont des actes qui dĂ©verrouillent des vies.

    L’Ă©mancipation passe par la culture. La gratuitĂ© totale des musĂ©es Thomas-Henry et de la LibĂ©ration toute l’annĂ©e. La bibliothĂšque Jacques PrĂ©vert avec des horaires Ă©largis. Le nouveau conservatoire. Les 120 associations culturelles soutenues. Ces espaces oĂč les femmes peuvent exister autrement que dans leur rĂŽle d’aidante, de mĂšre, d’organisatrice invisible de la vie familiale. Une ville qui investit dans la culture investit dans la libertĂ©. Ce n’est pas une dĂ©pense. C’est un pari sur l’avenir.

    L’Ă©mancipation passe par le sport. Je reviens aux Provinces parce que je l’ai vu de mes yeux : quand une fille apprend Ă  tomber et Ă  se relever, Ă  occuper de l’espace sans s’excuser, Ă  compter sur ses coĂ©quipiĂšres et Ă  ĂȘtre comptĂ©e par elles — elle apprend quelque chose d’essentiel. Elle apprend qu’elle a le droit d’ĂȘtre lĂ . Pleinement. Sans avoir Ă  le justifier. Avec la livraison du palais des sports Chantereyne dĂ©but 2027, avec la rĂ©novation des Ă©quipements dans toutes les communes dĂ©lĂ©guĂ©es, nous donnons aussi aux femmes de cette ville les mĂȘmes espaces, les mĂȘmes crĂ©neaux, les mĂȘmes conditions. Pas un geste. Un engagement.

    L’Ă©mancipation passe enfin par la dĂ©mocratie — par une ville qui ne prend pas ses dĂ©cisions sans les femmes. Par un Conseil des jeunes renouvelĂ© oĂč les voix fĂ©minines comptent. Par des ateliers citoyens de proximitĂ© qui incluent celles qu’on entend trop peu. Leurs besoins ne sont pas des besoins particuliers. Ils sont humains. Ils mĂ©ritent la mĂȘme attention que tous les autres.

    ✩

    Je ne vais pas vous mentir en vous disant que c’est simple. Que les rĂ©sistances n’existent pas.

    J’ai de la colĂšre. Une colĂšre tranquille, mais rĂ©elle.

    Je suis en colĂšre contre l’extrĂȘme droite qui parle d’Ă©galitĂ© es et s’oppose Ă  chaque outil concret qui permettrait Ă  cette Ă©galitĂ© d’exister. Les services publics — trop chĂšres. Les quotas — trop contraignants. La remise en cause de l’IVG chĂšrement acquis. Vingt-cinq pour cent d’Ă©cart de salaire entre femmes et hommes. Des dĂ©cennies. Et toujours de l’Ă©tonnement.

    Je suis en colĂšre contre ce populisme qui n’ose pas toujours le dire franchement mais qui le pense — les femmes chez elles, les hommes au pouvoir. Ce retour Ă  un ordre du monde que nous refusons. Absolument. Sans nĂ©gociation.

    Et je suis en colĂšre — c’est la plus douloureuse — contre nous-mĂȘmes, parfois. Contre cette tentation, dans notre camp, de ranger le fĂ©minisme parmi les sujets secondaires. D’y revenir quand les vraies questions seront rĂ©glĂ©es. Il n’y a pas de sujets secondaires quand on parle de la moitiĂ© de l’humanitĂ©. L’Ă©galitĂ© est une prioritĂ©. Elle l’a toujours Ă©tĂ©. Elle le restera. Rappelons-nous Jean Ferrat : la femme est l’avenir de l’homme. 

    Simone de Beauvoir le disait avec une clartĂ© qui devrait nous tenir Ă©veillĂ©s : « Il suffira d’une crise politique, Ă©conomique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. » Nous traversons une crise. Plusieurs, mĂȘme. Et la tentation de cĂ©der est lĂ  — Ă  droite, Ă  l’extrĂȘme droite, et parfois dans nos propres rangs. Non. Pas ici. Pas dans cette ville.

    ✩

    Alors voilĂ  ce que je veux pour dimanche.

    Je veux qu’on se lĂšve. Qu’on aille voter. Et qu’on pense, en glissant le bulletin dans l’urne, Ă  toutes les femmes de cette ville qui mĂ©ritent mieux que des promesses.

    À la mĂšre seule qui attendait une solution de garde d’urgence. À la femme suivie par la sage-femme du centre BrĂšs-Croizat. À celle qui veut jouer au rugby dans les Provinces et qui mĂ©rite d’y ĂȘtre accueillie comme une Ă©vidence. À celle qui rentrera chez elle ce soir sans ĂȘtre harcelĂ©e — parce que nous aurons fait en sorte que la rue lui appartienne aussi. Aux femmes extraordinaires sur cette liste. 

    C’est pour elles, aussi, que nous faisons de la politique.

    ProtĂ©ger. Transformer. Émanciper.

    Ce ne sont pas trois mots de programme. Ce sont trois engagements. Envers la moitiĂ© de Cherbourg-en-Cotentin qu’on n’entend pas encore assez.

    Et pour les tenir — pour ces six annĂ©es qui viennent — il y a un homme. Un homme qui a prouvĂ©, acte aprĂšs acte, que ces mots ne sont pas des ornements. Ce sont des chantiers ouverts et des engagements tenus.

    Alors, je vous dis avec toute la conviction de ce que je crois et de ce que j’ai vu :

    Soutenons Benoßt Arrivé !

    Faisons de Cherbourg-en-Cotentin ce qu’elle est dĂ©jĂ  en train de devenir.

    Une ville phare. Une ville qui montre que le fĂ©minisme municipal — le vrai, celui qui change la vie des femmes, silencieusement, acte par acte — est possible. Est rĂ©el. Est lĂ .

    Une ville féministe, une ville ensemble !

    Merci !

  • DĂ©mocrates et populistes : deux conceptions radicalement opposĂ©es de la politique

    Le discours public actuel mĂ©lange les termes Le populisme se prĂ©sente volontiers comme une dĂ©mocratie plus vraie, plus directe, plus conforme au « peuple ». À l’inverse, les dĂ©mocrates sont accusĂ©s de technocratie, de distance, de mĂ©pris. Cette confusion est pĂ©rilleuse. Car dĂ©mocrates et populistes ne s’affrontent pas sur des dĂ©tails, mais sur leur vision du pouvoir, du peuple et de la vĂ©ritĂ©.

    Ce n’est pas un clivage partisan, c’est un clivage philosophique et institutionnel.

    Le peuple : pluralité démocratique ou fiction populiste

    Pour les dĂ©mocrates, le peuple est pluriel. Il est parcouru d’intĂ©rĂȘts opposĂ©s, d’histoires sociales distinctes, de sensibilitĂ©s parfois antagonistes. La dĂ©mocratie, c’est justement organiser cette diversitĂ© sans la nier, par le dĂ©bat, la dĂ©libĂ©ration, le compromis.

    Le populisme, lui, se fonde sur une conception homogĂšne et morale du peuple. Il y aurait un « vrai peuple », uni, dotĂ© d’un bon sens innĂ©, face Ă  des Ă©lites corrompues et des groupes prĂ©sentĂ©s comme Ă©trangers ou illĂ©gitimes.

    Le politiste Cas Mudde dĂ©finit le populisme comme une idĂ©ologie qui oppose un « peuple pur » Ă  des « Ă©lites corrompues ». Cette simplification est sa force… et sa dangerositĂ©.

    La démocratie tolÚre le désaccord.
    Le populisme le soupçonne.

    Le conflit : discussion organisĂ©e ou dĂ©signation de l’ennemi

    La dĂ©mocratie lĂ©gitime le conflit. Elle l’organise par des rĂšgles : sĂ©paration des pouvoirs, Ă©lections libres, justice indĂ©pendante, presse libre. Le conflit n’est pas refusĂ© ; il est civilisĂ©.

    Le populisme, lui, ne met pas en forme le conflit : il le personnalise. Il ne parle pas des désaccords, il nomme des coupables. Les institutions sont des freins, les contre-pouvoirs des ennemis, les médias des adversaires.

    L’historien Pierre Rosanvallon explique que le populisme se nourrit de la crise de la reprĂ©sentation, mais qu’il y apporte une fausse rĂ©ponse : supprimer les mĂ©diations plutĂŽt que de les refonder.

    La démocratie institutionnalise le conflit.
    Le populisme l’aggrave.

    La vĂ©ritĂ© : complexitĂ© assumĂ©e ou simplification extrĂȘme

    La dĂ©mocratie est une idĂ©e difficile : la vĂ©ritĂ© politique est toujours approximative, contestable, perfectible. Elle suppose des faits Ă©tablis, des expertises contradictoires, une presse libre, la capacitĂ© d’admettre l’erreur.

    Le populisme, lui, prĂ©tend Ă  une vĂ©ritĂ© instantanĂ©e, intuitive, Ă©motionnelle. Ce qui se ressent devient rĂ©alitĂ©. Ce qui gĂȘne est balayĂ© comme mensonge, complot ou manipulation. Le savoir est suspect ; le doute est trahison.

    La philosophe Hannah Arendt avait dĂ©jĂ  dĂ©montrĂ© Ă  quel point la dĂ©molition du rapport aux faits est une menace pour la dĂ©mocratie. Sans faits communs, il n’y a plus de dĂ©bat, seulement des batailles.

    La démocratie assume la complexité
    Le populisme la déteste.

    Le pouvoir : responsabilité ou incarnation

    En dĂ©mocratie, le pouvoir est provisoire, contrĂŽlĂ© et limitĂ©. Les gouvernants sont responsables devant les citoyens, mais aussi devant le droit, les institutions, l’histoire. Nul n’est la volontĂ© gĂ©nĂ©rale.

    Le populisme, lui, va dans le sens d’une hyper-personnalisation du pouvoir. Le chef se dit le peuple lui-mĂȘme Toute critique devient une attaque contre la volontĂ© populaire elle-mĂȘme. Le chef parle « au nom de », puis « Ă  la place de ».

    Ce dĂ©rapage n’est pas fortuit : il est structurel.

    Une revendication démocratique mal défendue

    Il serait trop facile de dresser des dĂ©mocrates vertueux contre des populistes pervers. Le populisme se nourrit Ă©galement de dĂ©faillances dĂ©mocratiques bien rĂ©elles : sentiment d’abandon, inĂ©galitĂ©s territoriales, Ă©loignement des lieux de pouvoir, langage politique coupĂ© du rĂ©el.

    Mais la rĂ©ponse dĂ©mocratique ne saurait ĂȘtre l’abandon de ses propres valeurs. On ne bat pas le populisme en le copiant, en caricaturant, en moralisant les Ă©lecteurs.

    Un choix de civilisation politique

    La diffĂ©rence entre dĂ©mocrates et populistes n’est pas une bataille sĂ©mantique. Elle entreprend une vision du monde.

    La démocratie est lente, imparfaite, exigeante.
    Le populisme est rapide, attrayant, brutalement simple.

    La premiÚre veut faire société malgré les désaccords
    Le second se nourrit de la dĂ©signation d’ennemis.

    En temps de fatigue dĂ©mocratique, le populisme est une rĂ©ponse. Il n’est qu’un raccourci pĂ©rilleux. DĂ©fendre la dĂ©mocratie aujourd’hui, ce n’est pas ignorer les colĂšres : c’est refuser d’en faire une arme contre l’État de droit.

  • Discours municipales – 13 janvier 2026

    Meeting de lancement de campagne

    Cherbourg-en-Cotentin – 13 janvier 2026

    Mesdames, Messieurs, mes chers amis,

    Je ne suis pas venu vous promettre la lune, cet astre que tant de candidats offrent avec gĂ©nĂ©rositĂ© aux Ă©lecteurs avant de constater, sitĂŽt Ă©lus, qu’ils ne disposaient en rĂ©alitĂ© que d’un modeste lumignon.

    Je suis venu vous parler de vision. De choix. Et finalement de cet abßme qui nous sépare de nos contradicteurs.

    Le bilan de ce mandat ? Six années de réalisations concrÚtes et de Passion Commune.

    Des crises traversĂ©es ensemble : Covid, guerre en Ukraine, choc Ă©nergĂ©tique, avec la performance olympique de l’instabilitĂ© gouvernementale.

    Des services publics qui ont tenu. Une ville qui a continuĂ© d’avancer. BenoĂźt ArrivĂ© vous prĂ©sentera ce bilan bien mieux que moi.

    Moi, je suis là pour vous dire autre chose. Pour vous expliquer pourquoi Place Publique soutient Benoßt Arrivé pour un nouveau mandat.

    Je pourrais vous rĂ©pondre par des considĂ©rations tactiques, par des calculs d’appareils, par ces petits arrangements qui font le charme de la vie politique. Non, simplement par continuitĂ© utile avec trois mots qui, depuis AthĂšnes, structurent toute pensĂ©e politique digne de ce nom.

    ProtĂ©ger. Transformer. Émanciper.

     

    PROTÉGER, C’EST L’ART DE NE PAS TOUT BRADER

    Vous me direz : protéger quoi ? Contre qui ? Contre quoi ? Je vais vous le dire.

    ProtĂ©ger les services publics contre l’idĂ©e folle qu’ils seraient des coĂ»ts et non des investissements. Contre cette religion du marchĂ© qui voudrait que tout – la santĂ©, l’Ă©ducation, la sĂ©curitĂ©, la culture – soit transformĂ© en marchandise avec son prix, sa courbe de l’offre et de la demande, et ses victimes collatĂ©rales que l’on appelle pudiquement « les laissĂ©s-pour-compte ».

    Le centre de santĂ© BrĂšs-Croizat, la mutuelle municipale, les services publics de proximitĂ© : ce ne sont pas des cadeaux. C’est de la protection. Protection de ceux qui se ruinent pour une complĂ©mentaire santĂ©. Protection de ce modĂšle social que d’aucuns jugent archaĂŻque mais que des millions d’AmĂ©ricains nous envient.

    Protection de nos aĂźnĂ©s qui ne doivent pas choisir entre se chauffer et se soigner. Parce qu’une ville qui abandonne ses aĂźnĂ©s n’est pas une ville, c’est un dĂ©sert moral avec des lampadaires.

    ProtĂ©ger, c’est aussi protĂ©ger notre environnement. Cherbourg-en-Cotentin est une ville cĂŽtiĂšre. Les tempĂȘtes ne sont pas pour nous des abstractions tĂ©lĂ©visuelles, ce sont des rĂ©alitĂ©s qui frappent Ă  nos portes. La transition Ă©cologique n’est pas, comme le croient certains, une lubie de bobos. C’est une nĂ©cessitĂ© vitale pour qui habite prĂšs de la mer et se souvient que la nature, lorsqu’elle est maltraitĂ©e, a la regrettable habitude de se venger.

    Et protĂ©ger, enfin, c’est assurer la sĂ©curitĂ© de nos concitoyens. Sujet sensible sur lequel certains excellent dans l’art de la surenchĂšre.

    Ils parlent d’ »insĂ©curitĂ© galopante ». Formule martiale d’un mauvais roman de gare qui a le dĂ©faut de prĂ©tendre Ă  la vĂ©ritĂ©. Oui, la dĂ©linquance existe, comme dans toutes les villes. Oui, il y a des incivilitĂ©s, des cambriolages. Nier cela serait absurde. Mais ce n’est pas l’apocalypse annoncĂ©e.

    Nos adversaires ont une solution simple : plus de police, plus de camĂ©ras, plus de prison. Package qui a le mĂ©rite de la simplicitĂ© et l’inconvĂ©nient de l’inefficacitĂ©. La sĂ©curitĂ© ne se dĂ©crĂšte pas, elle se construit.

    En rĂ©ponse Ă  la diminution de la police de proximitĂ© actĂ©e Ă  l’époque par la droite gouvernementale, nous avons renforcĂ© la police municipale. Et nous avons investi dans la prĂ©vention : centres de loisirs, Ă©quipements sportifs, pĂŽles culturels. Ce n’est pas de la sociologie bisounours, c’est du bon sens millĂ©naire. Mais il faut avouer que jamais il ne pourra y avoir un policier derriĂšre chaque crotte de chien.

    La sĂ©curitĂ©, c’est du travail patient, quotidien. Pas du spectacle Ă©lectoral.

    Nos adversaires vous promettront le grand soir sécuritaire. Nous vous proposons le long jour du travail sérieux.

    TRANSFORMER, C’EST ÉVITER LA PÉTRIFICATION

    Parce que, pour paraphraser TancrĂšde dans Le GuĂ©pard, il faut que tout change 
 pour que rien ne change. Formule paradoxale, mais profondĂ©ment juste : si nous voulons prĂ©server l’essentiel – notre qualitĂ© de vie, notre tissu social, notre identitĂ© -, il nous faut accepter de transformer les formes.

    Nous transformons les mobilitĂ©s. Ce n’est pas, comme le crient certains, une dĂ©claration de guerre Ă  l’automobile. C’est simplement la reconnaissance d’une Ă©vidence : dans une ville de quatre-vingt mille habitants, le tout-voiture est une impasse. Au propre comme au figurĂ©.

    Nous voulons transformer notre consommation. Donner le droit Ă  une alimentation saine et locale. Une alimentation qui mette en valeur le fruit des travailleurs locaux, maraichers et pĂȘcheurs. Pour toutes et tous. Ce n’est pas pour le folklore.

    Nous continuerons sur la dynamique du mix-Ă©nergĂ©tique et de l’industrialisation de notre territoire. Cette dynamique a produit un effet que nous n’osions plus espĂ©rer : Cherbourg-en-Cotentin est dĂ©sormais reconnue parmi les villes les plus dynamiques du pays. Pas de Normandie. Du pays. Nous sommes sortis de ce statut de « ville en bout de ligne » que certains nous assignaient avec condescendance. Nous transformons. Nous ne gesticulons pas, nous transformons.

     

    ÉMANCIPER, C’EST LA DÉMOCRATIE PRISE AU SÉRIEUX

    Le mot est beau. En politique, il signifie : donner aux citoyens les moyens de leur autonomie. Pas leur dicter ce qu’ils doivent penser – nous laissons cet exercice pĂ©rilleux Ă  d’autres -, mais leur donner les outils pour penser par eux-mĂȘmes.

    Nous associons les habitants aux grands projets. La dĂ©mocratie participative, ce n’est pas une menace pour la dĂ©mocratie reprĂ©sentative. C’en est le complĂ©ment naturel. Nous aurons toujours Ă  cƓur ces fondements : Ă©couter, consulter, associer.

    Nous Ă©mancipons par la culture. La culture n’est pas un luxe de l’esprit rĂ©servĂ© Ă  quelques initiĂ©s. C’est un droit qui Ă©mancipe. Un homme qui lit est un homme libre. Un citoyen qui va au musĂ©e, qui Ă©coute de la musique, qui regarde du théùtre, est un citoyen que l’on manipule moins facilement.

    Nous Ă©mancipons par le sport. Le sport, ce n’est pas que du spectacle tĂ©lĂ©visuel. C’est de l’Ă©mancipation par le corps. Mens sana in corpore sano, comme disaient les Latins avec leur bon sens.

    VoilĂ  notre triptyque. ProtĂ©ger, transformer, Ă©manciper. Ce n’est pas une trouvaille marketing, nous laissons cet art dĂ©licat Ă  d’autres. C’est notre grille de lecture du rĂ©el.

    Qu’apporte Place Publique Ă  cette union ?

    Nous rejoignons cette vision collective : une gauche qui pense juste et agit concrÚtement. Des mots qui se traduisent en actes. Une politique sans cynisme, mais avec méthode. Une gauche exigeante et proche, attachée aux idées citoyennes, européennes et locales. Une idée de la démocratie vivante.

    Place Publique est un mouvement girondin, ancrĂ© dans les territoires. Nous ne croyons pas aux solutions descendues d’un SinaĂŻ parisien. Nous croyons Ă  la dĂ©mocratie participative. MĂ©thode subversive, vous en conviendrez, dans un pays jacobin comme le nĂŽtre.

    Car voyez-vous, la dĂ©mocratie ne tient pas par le sommet, mais par ses racines. Ces racines, ce sont nos communes. S’engager aux municipales, ce n’est pas un choix tactique. C’est d’abord participer au quotidien des Français et faire mentir le procĂšs en « hors-sol ».

    Nous apportons une radicalitĂ© Ă©cologique assumĂ©e. Oui nous voulons un changement dans les mobilitĂ©s. Oui, nous voulons cent pour cent de produits locaux ou bio dans les cantines. Pas quatre-vingt-dix pour cent. Cent pour cent. Oui, nous voulons promouvoir la pĂȘche artisanale. Ce n’est pas du folklore, c’est de la cohĂ©rence. On ne peut pas pleurer sur le dĂ©clin de la pĂȘche artisanale et continuer Ă  importer du poisson surgelĂ©.

    Nous apportons une exigence de justice sociale. Envisager un budget fĂ©ministe pour mesurer l’impact de chaque euro sur l’Ă©galitĂ© femmes-hommes. Une tarification solidaire des transports renforcĂ©e. Parce que se dĂ©placer n’est pas un privilĂšge, c’est un droit.

    Et nous apportons une vision qui relie les Ă©chelles. La commune n’est pas l’antichambre de la politique : elle en est le socle.

    VoilĂ  ce que nous apportons. VoilĂ  notre vision.

    Face à nous, arithmétique électorale oblige, une coalition macronistes et droite.

    Ils vont nous dire que tout cela coûte trop cher.

    Eux choisissent la ville qui s’adapte au marchĂ©. Nous choisissons la ville qui protĂšge.

    Pour eux, les services publics sont des coûts. Pour nous, des investissements. Le choix est clair.

    CONCLUSION : CHERBOURG-EN-COTENTIN, VILLE PHARE

    Mesdames, Messieurs, mes chers amis,

    L’engagement politique n’est pas une science exacte. Si ça l’Ă©tait, nous confierions les affaires publiques Ă  ChatGPT et nous irions tous faire du jardinage, activitĂ© certainement plus reposante et moins sujette aux dĂ©convenues.

    Non, l’engagement politique est un pari. Un pari sur l’intelligence collective. Sur la capacitĂ© des femmes et des hommes Ă  se saisir de leur destin. Sur la dĂ©mocratie.

    Place Publique fait ce pari. Avec Benoßt Arrivé. Avec cette équipe. Avec vous.

    Les enjeux du prochain mandat sont connus. Développement économique et ses corollaires, santé et logement. Services publics de proximité. Rénovation urbaine. Mais au-delà de ces enjeux, il y a une ambition qui donne son sens à tout : faire de Cherbourg-en-Cotentin un phare de la Normandie.

    Un phare. Le mot n’est pas choisi au hasard. Un phare n’Ă©claire pas que lui-mĂȘme, ce serait du narcissisme architectural. Il Ă©claire le territoire. Le Cotentin et la Normandie.

    Pour cela, nous nous engageons Ă  protĂ©ger. Les services publics qui nous tiennent debout. L’environnement qui est notre maison commune. Les plus fragiles qui ont droit Ă  une vie digne. La sĂ©curitĂ© de chacun par une politique de prĂ©vention et de proximitĂ©. Ce qui fait de nous une communautĂ© unie par la solidaritĂ© et la fraternitĂ©, ces vieux mots de la RĂ©publique qui retrouvent tout leur sens.

    Nous nous engageons Ă  transformer. Les mobilitĂ©s pour respirer. Les quartiers pour mieux vivre. L’Ă©conomie pour qu’elle serve l’humain et la planĂšte. La dĂ©mocratie pour qu’elle soit vivante, rĂ©elle, quotidienne.

    Parce que la transformation n’est pas une menace, c’est une promesse.

    Nous nous engageons Ă  Ă©manciper. Par la dĂ©mocratie locale qui donne le pouvoir d’agir. Par la culture qui ouvre les horizons. Par le sport qui libĂšre les corps. Par l’Ă©ducation qui construit les esprits libres.

    Parce qu’une ville qui n’Ă©mancipe pas ses citoyens n’est qu’une coquille vide avec des Ă©quipements.

    Protéger, transformer, émanciper.

    Pour faire de Cherbourg-en-Cotentin une ville accueillante, oĂč l’on peut voir un mĂ©decin sans attendre six mois, prendre un bus sans consulter un oracle, inscrire son enfant Ă  la crĂšche sans calculs probabilistes.

    Une ville attractive, oĂč les entreprises se dĂ©veloppent, oĂč l’on se loge dignement, oĂč la transition Ă©cologique n’est pas un slogan mais une rĂ©alitĂ©.

    Une ville résiliente, qui anticipe, se prépare, construit au lieu de subir.

    Ce n’est pas un slogan ; nous laissons les slogans Ă  ceux qui n’ont pas d’idĂ©es. C’est notre boussole. Notre grille de lecture.

    Parce que Cherbourg-en-Cotentin mérite mieux que les petits calculs de ceux qui confondent politique et comptabilité.

    Parce que Cherbourg-en-Cotentin mérite un projet à la hauteur de son histoire et de ses ambitions.

    Ce projet, c’est le nĂŽtre. C’est celui d’une ville qui protĂšge, transforme et Ă©mancipe.

    D’une ville solidaire, Ă©cologique, dĂ©mocratique.

    D’une ville phare qui Ă©claire au lieu de suivre.

    Je vous ai promis au dĂ©but de ne pas vous offrir la lune. Je vous offre quelque chose de plus modeste mais de plus solide : un projet ancrĂ© dans le rĂ©el, une Ă©quipe – avec Benoit ArrivĂ© – qui a fait ses preuves, une vision qui ne se contente pas de gĂ©rer le prĂ©sent mais construit l’avenir.

    C’est ce projet que nous vous proposons en mars prochain.

    Je vous remercie.

     

  • Éoliennes et storytelling politique : quand la posture remplace la stratĂ©gie

    Le Rassemblement national a trouvĂ© son ennemi idĂ©al : l’éolienne. Grande, visible, immobile, incapable de rĂ©pondre ni de voter, elle incarne toutes les peurs que l’on veut projeter sur elle : atteinte aux paysages, menace pour la pĂȘche, soumission Ă  Bruxelles, dĂ©clin national. Pendant ce temps, on Ă©vite soigneusement de parler de la rĂ©alitĂ© : supprimer les renouvelables aujourd’hui, c’est mĂ©caniquement renforcer notre dĂ©pendance au gaz fossile importĂ©. SinguliĂšre conception de la souverainetĂ©. 

    Leur programme est explicite :

    « Rendre aux ménages les 5 milliards de subventions versées notamment aux éoliennes »

    « ArrĂȘter les projets Ă©oliens et dĂ©manteler progressivement les parcs existants »

    Ces deux mesures ne sont pas un dĂ©tail : elles constituent le cƓur d’une doctrine Ă©nergĂ©tique rĂ©gressive, coĂ»teuse et risquĂ©e.

    La rĂ©alitĂ© physique : remplacer 11 g de CO₂ par 490 g

    Les ordres de grandeur sont connus :

    Éolien : ≈ 11 g de CO₂/kWh

    NuclĂ©aire : ≈ 12 g de CO₂/kWh

    Gaz : ≈ 490 g de CO₂/kWh

    DĂ©manteler les renouvelables avant mĂȘme que de nouveaux rĂ©acteurs nuclĂ©aires ne voient le jour (au mieux aprĂšs 2035) revient Ă  remplacer une Ă©nergie trĂšs faiblement carbonĂ©e par une Ă©nergie fossile. Une stratĂ©gie climatique qui consiste, en somme, Ă  brĂ»ler la maison pour lutter contre l’humiditĂ©.

    La souveraineté  importĂ©e

    À qui achùte-t-on le gaz ? À la Norvùge, au Qatar, aux États-Unis
 et parfois à la Russie.

    Rappel : en 2022, les prix ont flambĂ© et toute l’économie a tremblĂ©.

    Moins de renouvelables =

    âžĄïž plus d’importations,

    âžĄïž plus de volatilitĂ©,

    âžĄïž plus de dĂ©pendance gĂ©opolitique.

    Un curieux patriotisme énergétique.

    Les 5 milliards : un trompe-l’Ɠil budgĂ©taire

    Ces « 5 milliards » incluent des dispositifs de soutien déjà contractualisés. Les supprimer ?

    Ce serait déclencher des indemnisations massives, ouvrir des contentieux, et renchérir durablement le coût du capital en France.

    Et, fait rarement dit : lorsque les prix de marchĂ© sont Ă©levĂ©s, les renouvelables reversent de l’argent Ă  l’État via le complĂ©ment de rĂ©munĂ©ration.

    Autrement dit, la promesse « on rend 5 milliards » se transformerait vite en : on en paie beaucoup plus
 mais en impĂŽts et en dette.

    Démanteler les parcs : la politique de la casse

    Résilier des contrats, payer le démantÚlement, perdre une production locale et décarbonée
 pour la remplacer par du gaz importé.

    Bilan : plus d’émissions, plus de dĂ©pendance, moins d’emplois industriels, plus de prĂ©caritĂ© Ă©nergĂ©tique.

    Tout cela pour satisfaire une posture idéologique : raser ce qui fonctionne. Vaste programme !

    Et les pĂȘcheurs ?

    Les parcs Ă©oliens en mer reprĂ©sentent moins de 2 % des surfaces de pĂȘche et 0,1 % de la surface maritime nationale.

    La vraie menace ? Le réchauffement climatique : migration des espÚces, acidification des mers, raréfaction des stocks.

    Mais une Ă©olienne, c’est visible sur un tract. Un ocĂ©an qui se rĂ©chauffe, beaucoup moins.

    Une filiùre industrielle française
 qu’on sacrifierait

    Cherbourg, Le Havre, FĂ©camp : des milliers d’emplois qualifiĂ©s et non dĂ©localisables.

    La proposition ? Fermer, stopper, casser.

    Pour mettre quoi Ă  la place ?

    Rien. Le vide.

    La question qui fĂąche

    Le discours du RN épouse point par point la propagande énergétique du Kremlin :

    âžĄïž le gaz, c’est l’avenir,

    âžĄïž les Ă©oliennes, le mal,

    âžĄïž Bruxelles, l’ennemi.

    CoĂŻncidence ? Peut-ĂȘtre. Mais il existe parfois des dettes dont on ne se libĂšre jamais totalement.

    Certaines ne se remboursent pas en argent
 mais en alignement politique.

    Affaiblir nos renouvelables, c’est mĂ©caniquement renforcer les exportateurs de gaz — dont la Russie.

    Difficile d’appeler cela une stratĂ©gie de souverainetĂ©.

    Ceux qui paient : toujours les mĂȘmes

    Quand le gaz grimpe, ce sont les ménages modestes, les artisans, les TPE-PME qui subissent à la fin.

    Supprimer des Ă©nergies aujourd’hui parmi les moins chĂšres, c’est programmer la hausse des factures au nom
 du pouvoir d’achat.

    Le choix : la réalité ou le slogan

    Les renouvelables ne sont pas parfaites. Mais elles : réduisent nos émissions, créent des emplois locaux, renforcent notre souveraineté, nous protÚgent des chocs géopolitiques.

    Le RN propose l’inverse : plus cher, plus sale, plus dĂ©pendant.

    Ils appellent cela un programme.

    J’appelle cela une impasse.

    Nous prĂ©fĂ©rons les faits aux cris, les chiffres aux peurs, l’emploi industriel Ă  la posture.

    Parce que nous n’hĂ©ritons pas de la Terre : nous l’empruntons Ă  nos enfants. Et ils mĂ©ritent mieux qu’une politique Ă©nergĂ©tique Ă©crite sur un tract — et alignĂ©e, de surcroĂźt, sur les intĂ©rĂȘts d’une puissance Ă©trangĂšre.

  • Mes vƓux pour 2026

    En ce dĂ©but d’annĂ©e, je vous prĂ©sente Ă  chacune et chacun mes meilleurs voeux de santĂ©, de sĂ©rĂ©nitĂ© et de confiance retrouvĂ©e.

    L’annĂ©e qui vient de s’Ă©couler a Ă©tĂ© celle des angoisses : pouvoir d’achat en berne, insĂ©curitĂ©, crise dĂ©mocratique, urgence climatique, fractures territoriales et sociales. Ces rĂ©alitĂ©s alimentent le doute, parfois la colĂšre. Elles rĂ©clament surtout une responsabilitĂ© collective renforcĂ©e.

    Plus que jamais, nous avons besoin d’une politique qui protĂšge, qui rassemble et qui prĂ©pare l’avenir. Une politique qui ne cĂšde ni Ă  la facilitĂ© du populisme ni au renoncement, mais qui prend la mesure du rĂ©el pour y rĂ©pondre avec justice, efficacitĂ© et humanitĂ©.

    Nous croyons Ă  une sociĂ©tĂ© qui assure la sĂ©curitĂ© de toutes et tous, condition de l’exercice des libertĂ©s. Une sĂ©curitĂ© globale, qui combine prĂ©vention, justice, prĂ©sence humaine et cohĂ©sion sociale. Nous croyons Ă  une RĂ©publique qui n’abandonne personne et qui permet Ă  chacun de vivre dignement de son travail.

    Nous croyons également à une transition écologique juste, qui préserve le climat sans opposer les fins de mois à la fin du monde. Une écologie populaire, scientifique, publique, territoriale et sociale.

    Enfin, nous sommes dĂ©mocrates. Une dĂ©mocratie exigeante, vivante, pluraliste, qui rejette les simplifications mortifĂšres et les discours de haine. Une dĂ©mocratie qui remet la raison, le dĂ©bat et la vĂ©ritĂ© Ă  l’honneur.

    L’annĂ©e qui vient doit ĂȘtre celle du courage collectif, de l’Ă©coute et de la reconquĂȘte de la confiance. Ensemble, avec courage et clairvoyance, nous pouvons construire un avenir meilleur, plus juste, plus solidaire, plus durable.

    Je vous souhaite une annĂ©e d’engagement, d’espĂ©rance et de fraternitĂ© rĂ©publicaine.

  • Le droit d’asile n’est pas une faiblesse : c’est une leçon tirĂ©e des pires horreurs

    À chaque dĂ©cision de justice qui lui rĂ©siste, l’extrĂȘme droite hurle.

    Dernier exemple : une dĂ©cision de la Cour Nationale du Droit d’Asile du 8 dĂ©cembre, aussitĂŽt transformĂ©e en fantasme d’« invasion », d’« appel d’air » et de « grand remplacement ».

    Ces affirmations sont fausses.

    Et surtout, elles sont dangereuses.

    Le droit d’asile est nĂ© des crimes du XXᔉ siĂšcle

    Le droit d’asile ne sort pas de nulle part.

    Il est nĂ© aprĂšs les pires catastrophes de l’histoire europĂ©enne : les persĂ©cutions, les dĂ©portations, les frontiĂšres fermĂ©es Ă  ceux qui fuyaient.

    C’est pour que cela ne se reproduise jamais que les dĂ©mocraties ont adoptĂ© en 1951 la Convention de GenĂšve. Cette convention est actuellement signĂ©e par 145 pays.

    Son principe est limpide :

    Quand un individu est menacĂ© et que son État ne peut plus le protĂ©ger, il a droit Ă  un examen individuel de sa situation.

    Pas un droit collectif.

    Pas un droit automatique.

    Un droit strict, encadré, juridiquement contrÎlé.

    Ce que l’extrĂȘme droite ment en disant

    Non, la France n’« ouvre pas grand les portes Ă  2 millions de rĂ©fugiĂ©s ».

    Non, elle n’accueille pas seule « tous les Gazaouis ou Palestiniens ».

    Non, une religion ne donne aucun droit particulier — ni en plus, ni en moins.

    La dĂ©cision de la CNDA concerne un dossier, un homme, une situation prĂ©cise, jugĂ©e au regard du droit, pas de l’idĂ©ologie.

    Parler « d’officine gauchiste », c’est refuser une vĂ©ritĂ© simple : Les juges appliquent la loi, ils ne font pas de politique identitaire.

    « Qu’ils soient accueillis par des pays musulmans » : une rupture rĂ©publicaine

    Cet argument révÚle le fond du problÚme.

    Il nie l’universalisme.

    Le droit d’asile ne connaüt ni religion, ni civilisation, ni origine.

    Introduire la foi comme critĂšre, c’est revenir au tri des ĂȘtres humains.

    La RĂ©publique française est laĂŻque prĂ©cisĂ©ment pour cela : les droits ne dĂ©pendent pas de ce que l’on croit.

    DĂ©fendre l’asile, sans naĂŻvetĂ©

    DĂ©fendre le droit d’asile ne signifie pas nier les enjeux migratoires.

    La RĂ©publique doit ĂȘtre organisĂ©e et exigeante.

    Mais elle ne peut pas :

    • piĂ©tiner ses engagements,
    • attaquer ses juges,
    • dĂ©signer des boucs Ă©missaires,
    • ni cĂ©der Ă  la peur.
    CĂ©der sur l’asile, c’est cĂ©der sur l’essentiel RĂ©publicain

    L’extrĂȘme droite ne combat pas le droit d’asile parce qu’il serait dysfonctionnel.

    Elle le combat parce qu’il empĂȘche le retour Ă  une politique de rejet, d’arbitraire et de tri.

    Le droit d’asile est lĂ  pour rappeler ce que nous avons appris dans le sang : quand on commence Ă  hiĂ©rarchiser les vies, plus personne n’est protĂ©gĂ©.

    Le dĂ©fendre, c’est dĂ©fendre la RĂ©publique elle-mĂȘme.

  • Depuis quelques jours, un graphique de l’« Observatoire de l’immigration et de la dĂ©mographie » circule massivement. On y lit que :

    « En 2024, la population immigrée en France a augmenté de 434 000 personnes, un record historique. »

    Marine Le Pen s’en empare pour accuser le gouvernement d’avoir « organisĂ© l’explosion des flux migratoires » et Ă©voquer une « submersion ».

    ProblÚme : ce chiffre est utilisé de maniÚre trompeuse, car il ne mesure pas ce que Marine Le Pen lui fait dire. Voici pourquoi.

    🔍 1. D’oĂč vient rĂ©ellement le chiffre de 434 000 ?

    Ce nombre ne correspond pas au nombre d’entrĂ©es en France en 2024.

    Il s’agit de la variation estimĂ©e du stock d’immigrĂ©s vivant en France entre 2023 et 2024, d’aprĂšs les donnĂ©es de l’INSEE.

    📌 Un immigrĂ©, au sens de l’INSEE, c’est :

    Une personne nĂ©e Ă©trangĂšre Ă  l’étranger et vivant en France, qu’elle ait ou non aujourd’hui la nationalitĂ© française.

    Donc :

    ✔ une personne naturalisĂ©e reste comptĂ©e comme immigrĂ©e

    ✔ une personne arrivĂ©e il y a longtemps reste comptĂ©e comme immigrĂ©e

    ✔ cette statistique ne distingue pas la date d’arrivĂ©e

    👉 On mesure un stock, pas des flux annuels.

    Confondre stock et flux, c’est aussi grave que confondre « nombre de logements existants » et « nombre de ventes annuelles » : on change complĂštement de rĂ©alitĂ©.

    🚹 2. Dire que « 434 000 immigrĂ©s sont arrivĂ©s en 2024 », c’est faux

    La variation du stock inclut :

    des entrĂ©es rĂ©centes des retours en France d’immigrĂ©s dĂ©jĂ  partis des personnes rĂ©gularisĂ©es des naturalisĂ©s (qui restent comptĂ©s immigrĂ©s) des corrections statistiques du recensement moins les dĂ©cĂšs

    Aucun de ces Ă©lĂ©ments ne mesure directement l’immigration annuelle.

    👉 Le RN laisse entendre qu’il s’agit d’entrĂ©es, alors que la donnĂ©e n’est pas de cette nature.

    C’est lĂ  que rĂ©side la manipulation.

    📊 3. Que disent les chiffres officiels — ceux qui mesurent rĂ©ellement les flux ?

    Les donnĂ©es du ministĂšre de l’IntĂ©rieur pour 2024 indiquent :

    ▶ 343 000 premiers titres de sĂ©jour dĂ©livrĂ©s

    (Ă  des personnes venant de pays hors UE)

    Dont :

    une forte part d’étudiants une part importante d’immigration familiale environ 70 000 protections accordĂ©es au titre de l’asile

    Par ailleurs :

    ▶ La France reste en dessous de pays comme l’Allemagne ou l’Espagne en proportion de la population.

    Ces chiffres sont publics, vérifiables, opposables.

    📌 On reste trĂšs loin du rĂ©cit d’une rupture historique.

    đŸ‡ș🇩 4. Pourquoi la hausse du stock est malgrĂ© tout forte en 2024 ?

    Essentiellement pour trois raisons :

    1ïžâƒŁ L’accueil des Ukrainiens sous protection temporaire

    Depuis 2022, plus de 100 000 personnes fuyant la guerre ont été protégées en France.

    Elles entrent progressivement dans la population rĂ©sidente comptabilisĂ©e par l’INSEE.

    2ïžâƒŁ Le rattrapage post-Covid

    2020–2021 : flux historiquement bas

    2022–2024 : retour progressif à la normale

    Comparer 2024 Ă  ces annĂ©es-lĂ  gonfle mĂ©caniquement l’écart.

    3ïžâƒŁ Une forte mobilitĂ© Ă©tudiante

    La France accueille plus de 320 000 étudiants étrangers.

    Beaucoup restent plus d’un an → ils sont comptĂ©s comme immigrĂ©s.

    Aucun de ces phĂ©nomĂšnes n’a Ă©tĂ© créé par la France seule.

    Ils relĂšvent de :

    ✔ un contexte international

    ✔ du droit europĂ©en

    ✔ de politiques humanitaires assumĂ©es

    🧼 5. Le fameux ratio « x25 » sur les annĂ©es 1990 : un artifice rhĂ©torique

    Le graphique du RN compare 2024 à la moyenne des années 1990.

    Or les années 1990 sont une période historiquement basse :

    chute de l’immigration de travail durcissement progressif de la lĂ©gislation moindre mobilitĂ© internationale

    Comparer une pĂ©riode exceptionnellement basse Ă  une pĂ©riode exceptionnellement dynamique permet d’obtenir :

    ➡ des ratios spectaculaires

    ➡ sans que les flux actuels soient objectivement extrĂȘmes

    C’est un effet de base — connu de tout statisticien — mais jamais expliquĂ© dans le discours politique.

    🏛 6. Qui produit ce chiffre ? Un « observatoire »  militant

    L’Observatoire de l’immigration et de la dĂ©mographie (OID) :

    est une association loi 1901, financĂ©e par des dons n’est pas un service statistique public n’est pas un institut de recherche acadĂ©mique ne publie aucune mĂ©thode dĂ©taillĂ©e soumise Ă  validation scientifique

    Ses productions sont massivement relayĂ©es par l’extrĂȘme-droite, mais rarement par la communautĂ© scientifique.

    Cela ne signifie pas que tout soit faux —

    mais que la maniĂšre de cadrer les chiffres sert une thĂšse politique.

    ⚠ 7. Conclusion — Quand les chiffres servent le rĂ©cit, et non l’inverse

    Oui :

    ✔ la population immigrĂ©e a augmentĂ© fortement en 2024

    Mais :

    ❌ cela ne signifie pas que 434 000 personnes sont entrĂ©es en 2024

    ❌ cela ne prouve pas une « submersion organisĂ©e »

    ❌ cela oublie volontairement le contexte (Ukraine, Covid, Ă©tudiants)

    Le RN utilise :

    1ïžâƒŁ un chiffre rĂ©el

    2ïžâƒŁ mais qui ne mesure pas ce qu’il prĂ©tend mesurer

    3ïžâƒŁ puis l’insĂšre dans un rĂ©cit anxiogĂšne

    C’est cela, la manipulation :

    👉 faire dire aux chiffres autre chose que ce qu’ils disent rĂ©ellement.

    🎯 Pourquoi c’est grave ?

    Parce que sur des sujets aussi sensibles que l’immigration, la dĂ©mocratie a besoin de rigueur, pas d’amalgames.

    Les chiffres existent.

    Les institutions statistiques sont solides.

    Le dĂ©bat doit se faire sur des faits — pas sur des illusions graphiques.

    Les Ă©lecteurs ont droit Ă  la rigueur d’analyse et non aux manipulations Ă©lectorales.

  • Je m’appelle Quentin Lagallarde. NĂ© en fĂ©vrier 1983, je suis expert en Ă©valuation immobiliĂšre et j’ai fondĂ© en 2016 le Cabinet d’Expertise du Cotentin, que je dirige aujourd’hui. J’exerce ce mĂ©tier avec une exigence constante de rigueur mĂ©thodologique, d’indĂ©pendance et d’honnĂȘtetĂ© intellectuelle, au service des acteurs publics, privĂ©s et judiciaires.

    Je suis conseiller municipal de Cherbourg-en-Cotentin depuis avril 2022 et conseiller rĂ©gional de Normandie depuis octobre 2022, Ă  la suite du dĂ©part d’Anna Pic pour l’AssemblĂ©e nationale. J’ai adhĂ©rĂ© en 2021 au mouvement Place Publique, convaincu de la nĂ©cessitĂ© d’une action politique sĂ©rieuse, responsable et profondĂ©ment attachĂ©e Ă  l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral.

    Mon territoire est maritime, et j’y suis profondĂ©ment ancrĂ©. C’est pourquoi je porte une attention particuliĂšre aux enjeux de la pĂȘche artisanale, Ă  l’avenir de nos littoraux, Ă  la soutenabilitĂ© des filiĂšres maritimes et Ă  la transmission des savoir-faire qui font l’identitĂ© de la Manche.

    TrĂšs impliquĂ© dans la vie associative depuis 2013, je suis vice-prĂ©sident du Rugby Club Cherbourg-Hague depuis trois ans. Je considĂšre le sport comme un levier puissant de cohĂ©sion sociale, d’émancipation et de solidaritĂ©.

    Mes convictions

    Je crois profondĂ©ment en la social-dĂ©mocratie. C’est pour moi la voie d’un progrĂšs social, Ă©cologique et Ă©conomique construit dans le respect de l’État de droit, du pluralisme et du dĂ©bat dĂ©mocratique. Elle cherche en permanence un Ă©quilibre juste entre libertĂ© individuelle, solidaritĂ© collective et responsabilitĂ© publique.

    Je suis convaincu que les idĂ©es extrĂȘmes conduisent au chaos. L’histoire nous enseigne que les projets politiques fondĂ©s sur la division, la dĂ©signation de coupables ou la contestation permanente des institutions fragilisent la dĂ©mocratie et la sociĂ©tĂ© tout entiĂšre, au dĂ©triment des plus vulnĂ©rables.

    C’est pourquoi je combat les populismes qui manipulent les peurs et simplifient volontairement des rĂ©alitĂ©s complexes. La politique n’est pas une affaire de slogans : elle exige de la rigueur, de la rationalitĂ© et du respect pour les faits. Entretenir l’illusion, promettre l’impossible ou jouer sur les Ă©motions ne construit rien de durable.

    Je considĂšre Ă©galement que la politique est un droit pour toutes et tous. Chacun doit pouvoir comprendre, participer, dĂ©battre, ĂȘtre entendu. Le dĂ©bat public appartient Ă  l’ensemble des citoyens, et non Ă  un cercle restreint de spĂ©cialistes ou de professionnels.

    Mon engagement est guidé par cette conviction simple : nous pouvons faire société ensemble, sans renoncer à nos valeurs ni à notre humanité, en acceptant la complexité du réel et en recherchant des solutions concrÚtes, justes et viables.

    Pourquoi ce blog

    J’ai créé ce blog pour offrir un espace de rĂ©flexion politique exigeant, accessible et honnĂȘte intellectuellement.

    À une Ă©poque oĂč le dĂ©bat public est trop souvent dominĂ© par la prĂ©cipitation et la polĂ©mique, je souhaite ici prendre le temps d’expliquer, d’analyser et de proposer. Les sujets abordĂ©s seront replacĂ©s dans leur contexte juridique, Ă©conomique, social et territorial.

    Ma démarche repose sur trois principes

    La clartĂ© : rendre comprĂ©hensibles des sujets techniques sans les dĂ©former. La rigueur : m’appuyer sur des faits, des donnĂ©es et des sources vĂ©rifiables. La responsabilitĂ© : exprimer des positions argumentĂ©es, respectueuses du dĂ©bat dĂ©mocratique.

    Je traiterai notamment de logement, urbanisme, transition Ă©cologique, amĂ©nagement du territoire, action publique locale et rĂ©gionale, mer et littoral, pĂȘche artisanale, vie associative et enjeux europĂ©ens.

    Ce blog n’est pas un outil de polĂ©mique. Il se veut un lieu d’explication, de pĂ©dagogie et de dialogue. Les remarques et contradictions y ont toute leur place, dĂšs lors qu’elles s’inscrivent dans un Ă©change respectueux.

    Je crois qu’une autre maniĂšre de faire de la politique est possible : plus honnĂȘte intellectuellement, plus humaine et plus tournĂ©e vers l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral. Ce blog est ma contribution, modeste mais sincĂšre, Ă  cette ambition collective.