• Démocrates et populistes : deux conceptions radicalement opposées de la politique

    Le discours public actuel mélange les termes Le populisme se présente volontiers comme une démocratie plus vraie, plus directe, plus conforme au « peuple ». À l’inverse, les démocrates sont accusés de technocratie, de distance, de mépris. Cette confusion est périlleuse. Car démocrates et populistes ne s’affrontent pas sur des détails, mais sur leur vision du pouvoir, du peuple et de la vérité.

    Ce n’est pas un clivage partisan, c’est un clivage philosophique et institutionnel.

    Le peuple : pluralité démocratique ou fiction populiste

    Pour les démocrates, le peuple est pluriel. Il est parcouru d’intérêts opposés, d’histoires sociales distinctes, de sensibilités parfois antagonistes. La démocratie, c’est justement organiser cette diversité sans la nier, par le débat, la délibération, le compromis.

    Le populisme, lui, se fonde sur une conception homogène et morale du peuple. Il y aurait un « vrai peuple », uni, doté d’un bon sens inné, face à des élites corrompues et des groupes présentés comme étrangers ou illégitimes.

    Le politiste Cas Mudde définit le populisme comme une idéologie qui oppose un « peuple pur » à des « élites corrompues ». Cette simplification est sa force… et sa dangerosité.

    La démocratie tolère le désaccord.
    Le populisme le soupçonne.

    Le conflit : discussion organisée ou désignation de l’ennemi

    La démocratie légitime le conflit. Elle l’organise par des règles : séparation des pouvoirs, élections libres, justice indépendante, presse libre. Le conflit n’est pas refusé ; il est civilisé.

    Le populisme, lui, ne met pas en forme le conflit : il le personnalise. Il ne parle pas des désaccords, il nomme des coupables. Les institutions sont des freins, les contre-pouvoirs des ennemis, les médias des adversaires.

    L’historien Pierre Rosanvallon explique que le populisme se nourrit de la crise de la représentation, mais qu’il y apporte une fausse réponse : supprimer les médiations plutôt que de les refonder.

    La démocratie institutionnalise le conflit.
    Le populisme l’aggrave.

    La vérité : complexité assumée ou simplification extrême

    La démocratie est une idée difficile : la vérité politique est toujours approximative, contestable, perfectible. Elle suppose des faits établis, des expertises contradictoires, une presse libre, la capacité d’admettre l’erreur.

    Le populisme, lui, prétend à une vérité instantanée, intuitive, émotionnelle. Ce qui se ressent devient réalité. Ce qui gêne est balayé comme mensonge, complot ou manipulation. Le savoir est suspect ; le doute est trahison.

    La philosophe Hannah Arendt avait déjà démontré à quel point la démolition du rapport aux faits est une menace pour la démocratie. Sans faits communs, il n’y a plus de débat, seulement des batailles.

    La démocratie assume la complexité
    Le populisme la déteste.

    Le pouvoir : responsabilité ou incarnation

    En démocratie, le pouvoir est provisoire, contrôlé et limité. Les gouvernants sont responsables devant les citoyens, mais aussi devant le droit, les institutions, l’histoire. Nul n’est la volonté générale.

    Le populisme, lui, va dans le sens d’une hyper-personnalisation du pouvoir. Le chef se dit le peuple lui-même Toute critique devient une attaque contre la volonté populaire elle-même. Le chef parle « au nom de », puis « à la place de ».

    Ce dérapage n’est pas fortuit : il est structurel.

    Une revendication démocratique mal défendue

    Il serait trop facile de dresser des démocrates vertueux contre des populistes pervers. Le populisme se nourrit également de défaillances démocratiques bien réelles : sentiment d’abandon, inégalités territoriales, éloignement des lieux de pouvoir, langage politique coupé du réel.

    Mais la réponse démocratique ne saurait être l’abandon de ses propres valeurs. On ne bat pas le populisme en le copiant, en caricaturant, en moralisant les électeurs.

    Un choix de civilisation politique

    La différence entre démocrates et populistes n’est pas une bataille sémantique. Elle entreprend une vision du monde.

    La démocratie est lente, imparfaite, exigeante.
    Le populisme est rapide, attrayant, brutalement simple.

    La première veut faire société malgré les désaccords
    Le second se nourrit de la désignation d’ennemis.

    En temps de fatigue démocratique, le populisme est une réponse. Il n’est qu’un raccourci périlleux. Défendre la démocratie aujourd’hui, ce n’est pas ignorer les colères : c’est refuser d’en faire une arme contre l’État de droit.

  • Discours municipales – 13 janvier 2026

    Meeting de lancement de campagne

    Cherbourg-en-Cotentin – 13 janvier 2026

    Mesdames, Messieurs, mes chers amis,

    Je ne suis pas venu vous promettre la lune, cet astre que tant de candidats offrent avec générosité aux électeurs avant de constater, sitôt élus, qu’ils ne disposaient en réalité que d’un modeste lumignon.

    Je suis venu vous parler de vision. De choix. Et finalement de cet abîme qui nous sépare de nos contradicteurs.

    Le bilan de ce mandat ? Six années de réalisations concrètes et de Passion Commune.

    Des crises traversées ensemble : Covid, guerre en Ukraine, choc énergétique, avec la performance olympique de l’instabilité gouvernementale.

    Des services publics qui ont tenu. Une ville qui a continué d’avancer. Benoît Arrivé vous présentera ce bilan bien mieux que moi.

    Moi, je suis là pour vous dire autre chose. Pour vous expliquer pourquoi Place Publique soutient Benoît Arrivé pour un nouveau mandat.

    Je pourrais vous répondre par des considérations tactiques, par des calculs d’appareils, par ces petits arrangements qui font le charme de la vie politique. Non, simplement par continuité utile avec trois mots qui, depuis Athènes, structurent toute pensée politique digne de ce nom.

    Protéger. Transformer. Émanciper.

     

    PROTÉGER, C’EST L’ART DE NE PAS TOUT BRADER

    Vous me direz : protéger quoi ? Contre qui ? Contre quoi ? Je vais vous le dire.

    Protéger les services publics contre l’idée folle qu’ils seraient des coûts et non des investissements. Contre cette religion du marché qui voudrait que tout – la santé, l’éducation, la sécurité, la culture – soit transformé en marchandise avec son prix, sa courbe de l’offre et de la demande, et ses victimes collatérales que l’on appelle pudiquement « les laissés-pour-compte ».

    Le centre de santé Brès-Croizat, la mutuelle municipale, les services publics de proximité : ce ne sont pas des cadeaux. C’est de la protection. Protection de ceux qui se ruinent pour une complémentaire santé. Protection de ce modèle social que d’aucuns jugent archaïque mais que des millions d’Américains nous envient.

    Protection de nos aînés qui ne doivent pas choisir entre se chauffer et se soigner. Parce qu’une ville qui abandonne ses aînés n’est pas une ville, c’est un désert moral avec des lampadaires.

    Protéger, c’est aussi protéger notre environnement. Cherbourg-en-Cotentin est une ville côtière. Les tempêtes ne sont pas pour nous des abstractions télévisuelles, ce sont des réalités qui frappent à nos portes. La transition écologique n’est pas, comme le croient certains, une lubie de bobos. C’est une nécessité vitale pour qui habite près de la mer et se souvient que la nature, lorsqu’elle est maltraitée, a la regrettable habitude de se venger.

    Et protéger, enfin, c’est assurer la sécurité de nos concitoyens. Sujet sensible sur lequel certains excellent dans l’art de la surenchère.

    Ils parlent d’ »insécurité galopante ». Formule martiale d’un mauvais roman de gare qui a le défaut de prétendre à la vérité. Oui, la délinquance existe, comme dans toutes les villes. Oui, il y a des incivilités, des cambriolages. Nier cela serait absurde. Mais ce n’est pas l’apocalypse annoncée.

    Nos adversaires ont une solution simple : plus de police, plus de caméras, plus de prison. Package qui a le mérite de la simplicité et l’inconvénient de l’inefficacité. La sécurité ne se décrète pas, elle se construit.

    En réponse à la diminution de la police de proximité actée à l’époque par la droite gouvernementale, nous avons renforcé la police municipale. Et nous avons investi dans la prévention : centres de loisirs, équipements sportifs, pôles culturels. Ce n’est pas de la sociologie bisounours, c’est du bon sens millénaire. Mais il faut avouer que jamais il ne pourra y avoir un policier derrière chaque crotte de chien.

    La sécurité, c’est du travail patient, quotidien. Pas du spectacle électoral.

    Nos adversaires vous promettront le grand soir sécuritaire. Nous vous proposons le long jour du travail sérieux.

    TRANSFORMER, C’EST ÉVITER LA PÉTRIFICATION

    Parce que, pour paraphraser Tancrède dans Le Guépard, il faut que tout change … pour que rien ne change. Formule paradoxale, mais profondément juste : si nous voulons préserver l’essentiel – notre qualité de vie, notre tissu social, notre identité -, il nous faut accepter de transformer les formes.

    Nous transformons les mobilités. Ce n’est pas, comme le crient certains, une déclaration de guerre à l’automobile. C’est simplement la reconnaissance d’une évidence : dans une ville de quatre-vingt mille habitants, le tout-voiture est une impasse. Au propre comme au figuré.

    Nous voulons transformer notre consommation. Donner le droit à une alimentation saine et locale. Une alimentation qui mette en valeur le fruit des travailleurs locaux, maraichers et pêcheurs. Pour toutes et tous. Ce n’est pas pour le folklore.

    Nous continuerons sur la dynamique du mix-énergétique et de l’industrialisation de notre territoire. Cette dynamique a produit un effet que nous n’osions plus espérer : Cherbourg-en-Cotentin est désormais reconnue parmi les villes les plus dynamiques du pays. Pas de Normandie. Du pays. Nous sommes sortis de ce statut de « ville en bout de ligne » que certains nous assignaient avec condescendance. Nous transformons. Nous ne gesticulons pas, nous transformons.

     

    ÉMANCIPER, C’EST LA DÉMOCRATIE PRISE AU SÉRIEUX

    Le mot est beau. En politique, il signifie : donner aux citoyens les moyens de leur autonomie. Pas leur dicter ce qu’ils doivent penser – nous laissons cet exercice périlleux à d’autres -, mais leur donner les outils pour penser par eux-mêmes.

    Nous associons les habitants aux grands projets. La démocratie participative, ce n’est pas une menace pour la démocratie représentative. C’en est le complément naturel. Nous aurons toujours à cœur ces fondements : écouter, consulter, associer.

    Nous émancipons par la culture. La culture n’est pas un luxe de l’esprit réservé à quelques initiés. C’est un droit qui émancipe. Un homme qui lit est un homme libre. Un citoyen qui va au musée, qui écoute de la musique, qui regarde du théâtre, est un citoyen que l’on manipule moins facilement.

    Nous émancipons par le sport. Le sport, ce n’est pas que du spectacle télévisuel. C’est de l’émancipation par le corps. Mens sana in corpore sano, comme disaient les Latins avec leur bon sens.

    Voilà notre triptyque. Protéger, transformer, émanciper. Ce n’est pas une trouvaille marketing, nous laissons cet art délicat à d’autres. C’est notre grille de lecture du réel.

    Qu’apporte Place Publique à cette union ?

    Nous rejoignons cette vision collective : une gauche qui pense juste et agit concrètement. Des mots qui se traduisent en actes. Une politique sans cynisme, mais avec méthode. Une gauche exigeante et proche, attachée aux idées citoyennes, européennes et locales. Une idée de la démocratie vivante.

    Place Publique est un mouvement girondin, ancré dans les territoires. Nous ne croyons pas aux solutions descendues d’un Sinaï parisien. Nous croyons à la démocratie participative. Méthode subversive, vous en conviendrez, dans un pays jacobin comme le nôtre.

    Car voyez-vous, la démocratie ne tient pas par le sommet, mais par ses racines. Ces racines, ce sont nos communes. S’engager aux municipales, ce n’est pas un choix tactique. C’est d’abord participer au quotidien des Français et faire mentir le procès en « hors-sol ».

    Nous apportons une radicalité écologique assumée. Oui nous voulons un changement dans les mobilités. Oui, nous voulons cent pour cent de produits locaux ou bio dans les cantines. Pas quatre-vingt-dix pour cent. Cent pour cent. Oui, nous voulons promouvoir la pêche artisanale. Ce n’est pas du folklore, c’est de la cohérence. On ne peut pas pleurer sur le déclin de la pêche artisanale et continuer à importer du poisson surgelé.

    Nous apportons une exigence de justice sociale. Envisager un budget féministe pour mesurer l’impact de chaque euro sur l’égalité femmes-hommes. Une tarification solidaire des transports renforcée. Parce que se déplacer n’est pas un privilège, c’est un droit.

    Et nous apportons une vision qui relie les échelles. La commune n’est pas l’antichambre de la politique : elle en est le socle.

    Voilà ce que nous apportons. Voilà notre vision.

    Face à nous, arithmétique électorale oblige, une coalition macronistes et droite.

    Ils vont nous dire que tout cela coûte trop cher.

    Eux choisissent la ville qui s’adapte au marché. Nous choisissons la ville qui protège.

    Pour eux, les services publics sont des coûts. Pour nous, des investissements. Le choix est clair.

    CONCLUSION : CHERBOURG-EN-COTENTIN, VILLE PHARE

    Mesdames, Messieurs, mes chers amis,

    L’engagement politique n’est pas une science exacte. Si ça l’était, nous confierions les affaires publiques à ChatGPT et nous irions tous faire du jardinage, activité certainement plus reposante et moins sujette aux déconvenues.

    Non, l’engagement politique est un pari. Un pari sur l’intelligence collective. Sur la capacité des femmes et des hommes à se saisir de leur destin. Sur la démocratie.

    Place Publique fait ce pari. Avec Benoît Arrivé. Avec cette équipe. Avec vous.

    Les enjeux du prochain mandat sont connus. Développement économique et ses corollaires, santé et logement. Services publics de proximité. Rénovation urbaine. Mais au-delà de ces enjeux, il y a une ambition qui donne son sens à tout : faire de Cherbourg-en-Cotentin un phare de la Normandie.

    Un phare. Le mot n’est pas choisi au hasard. Un phare n’éclaire pas que lui-même, ce serait du narcissisme architectural. Il éclaire le territoire. Le Cotentin et la Normandie.

    Pour cela, nous nous engageons à protéger. Les services publics qui nous tiennent debout. L’environnement qui est notre maison commune. Les plus fragiles qui ont droit à une vie digne. La sécurité de chacun par une politique de prévention et de proximité. Ce qui fait de nous une communauté unie par la solidarité et la fraternité, ces vieux mots de la République qui retrouvent tout leur sens.

    Nous nous engageons à transformer. Les mobilités pour respirer. Les quartiers pour mieux vivre. L’économie pour qu’elle serve l’humain et la planète. La démocratie pour qu’elle soit vivante, réelle, quotidienne.

    Parce que la transformation n’est pas une menace, c’est une promesse.

    Nous nous engageons à émanciper. Par la démocratie locale qui donne le pouvoir d’agir. Par la culture qui ouvre les horizons. Par le sport qui libère les corps. Par l’éducation qui construit les esprits libres.

    Parce qu’une ville qui n’émancipe pas ses citoyens n’est qu’une coquille vide avec des équipements.

    Protéger, transformer, émanciper.

    Pour faire de Cherbourg-en-Cotentin une ville accueillante, où l’on peut voir un médecin sans attendre six mois, prendre un bus sans consulter un oracle, inscrire son enfant à la crèche sans calculs probabilistes.

    Une ville attractive, où les entreprises se développent, où l’on se loge dignement, où la transition écologique n’est pas un slogan mais une réalité.

    Une ville résiliente, qui anticipe, se prépare, construit au lieu de subir.

    Ce n’est pas un slogan ; nous laissons les slogans à ceux qui n’ont pas d’idées. C’est notre boussole. Notre grille de lecture.

    Parce que Cherbourg-en-Cotentin mérite mieux que les petits calculs de ceux qui confondent politique et comptabilité.

    Parce que Cherbourg-en-Cotentin mérite un projet à la hauteur de son histoire et de ses ambitions.

    Ce projet, c’est le nôtre. C’est celui d’une ville qui protège, transforme et émancipe.

    D’une ville solidaire, écologique, démocratique.

    D’une ville phare qui éclaire au lieu de suivre.

    Je vous ai promis au début de ne pas vous offrir la lune. Je vous offre quelque chose de plus modeste mais de plus solide : un projet ancré dans le réel, une équipe – avec Benoit Arrivé – qui a fait ses preuves, une vision qui ne se contente pas de gérer le présent mais construit l’avenir.

    C’est ce projet que nous vous proposons en mars prochain.

    Je vous remercie.

     

  • Éoliennes et storytelling politique : quand la posture remplace la stratégie

    Le Rassemblement national a trouvé son ennemi idéal : l’éolienne. Grande, visible, immobile, incapable de répondre ni de voter, elle incarne toutes les peurs que l’on veut projeter sur elle : atteinte aux paysages, menace pour la pêche, soumission à Bruxelles, déclin national. Pendant ce temps, on évite soigneusement de parler de la réalité : supprimer les renouvelables aujourd’hui, c’est mécaniquement renforcer notre dépendance au gaz fossile importé. Singulière conception de la souveraineté. 

    Leur programme est explicite :

    « Rendre aux ménages les 5 milliards de subventions versées notamment aux éoliennes »

    « Arrêter les projets éoliens et démanteler progressivement les parcs existants »

    Ces deux mesures ne sont pas un détail : elles constituent le cœur d’une doctrine énergétique régressive, coûteuse et risquée.

    La réalité physique : remplacer 11 g de CO₂ par 490 g

    Les ordres de grandeur sont connus :

    Éolien : ≈ 11 g de CO₂/kWh

    Nucléaire : ≈ 12 g de CO₂/kWh

    Gaz : ≈ 490 g de CO₂/kWh

    Démanteler les renouvelables avant même que de nouveaux réacteurs nucléaires ne voient le jour (au mieux après 2035) revient à remplacer une énergie très faiblement carbonée par une énergie fossile. Une stratégie climatique qui consiste, en somme, à brûler la maison pour lutter contre l’humidité.

    La souveraineté… importée

    À qui achète-t-on le gaz ? À la Norvège, au Qatar, aux États-Unis… et parfois à la Russie.

    Rappel : en 2022, les prix ont flambé et toute l’économie a tremblé.

    Moins de renouvelables =

    ➡️ plus d’importations,

    ➡️ plus de volatilité,

    ➡️ plus de dépendance géopolitique.

    Un curieux patriotisme énergétique.

    Les 5 milliards : un trompe-l’œil budgétaire

    Ces « 5 milliards » incluent des dispositifs de soutien déjà contractualisés. Les supprimer ?

    Ce serait déclencher des indemnisations massives, ouvrir des contentieux, et renchérir durablement le coût du capital en France.

    Et, fait rarement dit : lorsque les prix de marché sont élevés, les renouvelables reversent de l’argent à l’État via le complément de rémunération.

    Autrement dit, la promesse « on rend 5 milliards » se transformerait vite en : on en paie beaucoup plus… mais en impôts et en dette.

    Démanteler les parcs : la politique de la casse

    Résilier des contrats, payer le démantèlement, perdre une production locale et décarbonée… pour la remplacer par du gaz importé.

    Bilan : plus d’émissions, plus de dépendance, moins d’emplois industriels, plus de précarité énergétique.

    Tout cela pour satisfaire une posture idéologique : raser ce qui fonctionne. Vaste programme !

    Et les pêcheurs ?

    Les parcs éoliens en mer représentent moins de 2 % des surfaces de pêche et 0,1 % de la surface maritime nationale.

    La vraie menace ? Le réchauffement climatique : migration des espèces, acidification des mers, raréfaction des stocks.

    Mais une éolienne, c’est visible sur un tract. Un océan qui se réchauffe, beaucoup moins.

    Une filière industrielle française… qu’on sacrifierait

    Cherbourg, Le Havre, Fécamp : des milliers d’emplois qualifiés et non délocalisables.

    La proposition ? Fermer, stopper, casser.

    Pour mettre quoi à la place ?

    Rien. Le vide.

    La question qui fâche

    Le discours du RN épouse point par point la propagande énergétique du Kremlin :

    ➡️ le gaz, c’est l’avenir,

    ➡️ les éoliennes, le mal,

    ➡️ Bruxelles, l’ennemi.

    Coïncidence ? Peut-être. Mais il existe parfois des dettes dont on ne se libère jamais totalement.

    Certaines ne se remboursent pas en argent… mais en alignement politique.

    Affaiblir nos renouvelables, c’est mécaniquement renforcer les exportateurs de gaz — dont la Russie.

    Difficile d’appeler cela une stratégie de souveraineté.

    Ceux qui paient : toujours les mêmes

    Quand le gaz grimpe, ce sont les ménages modestes, les artisans, les TPE-PME qui subissent à la fin.

    Supprimer des énergies aujourd’hui parmi les moins chères, c’est programmer la hausse des factures au nom… du pouvoir d’achat.

    Le choix : la réalité ou le slogan

    Les renouvelables ne sont pas parfaites. Mais elles : réduisent nos émissions, créent des emplois locaux, renforcent notre souveraineté, nous protègent des chocs géopolitiques.

    Le RN propose l’inverse : plus cher, plus sale, plus dépendant.

    Ils appellent cela un programme.

    J’appelle cela une impasse.

    Nous préférons les faits aux cris, les chiffres aux peurs, l’emploi industriel à la posture.

    Parce que nous n’héritons pas de la Terre : nous l’empruntons à nos enfants. Et ils méritent mieux qu’une politique énergétique écrite sur un tract — et alignée, de surcroît, sur les intérêts d’une puissance étrangère.

  • Mes vœux pour 2026

    En ce début d’année, je vous présente à chacune et chacun mes meilleurs voeux de santé, de sérénité et de confiance retrouvée.

    L’année qui vient de s’écouler a été celle des angoisses : pouvoir d’achat en berne, insécurité, crise démocratique, urgence climatique, fractures territoriales et sociales. Ces réalités alimentent le doute, parfois la colère. Elles réclament surtout une responsabilité collective renforcée.

    Plus que jamais, nous avons besoin d’une politique qui protège, qui rassemble et qui prépare l’avenir. Une politique qui ne cède ni à la facilité du populisme ni au renoncement, mais qui prend la mesure du réel pour y répondre avec justice, efficacité et humanité.

    Nous croyons à une société qui assure la sécurité de toutes et tous, condition de l’exercice des libertés. Une sécurité globale, qui combine prévention, justice, présence humaine et cohésion sociale. Nous croyons à une République qui n’abandonne personne et qui permet à chacun de vivre dignement de son travail.

    Nous croyons également à une transition écologique juste, qui préserve le climat sans opposer les fins de mois à la fin du monde. Une écologie populaire, scientifique, publique, territoriale et sociale.

    Enfin, nous sommes démocrates. Une démocratie exigeante, vivante, pluraliste, qui rejette les simplifications mortifères et les discours de haine. Une démocratie qui remet la raison, le débat et la vérité à l’honneur.

    L’année qui vient doit être celle du courage collectif, de l’écoute et de la reconquête de la confiance. Ensemble, avec courage et clairvoyance, nous pouvons construire un avenir meilleur, plus juste, plus solidaire, plus durable.

    Je vous souhaite une année d’engagement, d’espérance et de fraternité républicaine.

  • Le droit d’asile n’est pas une faiblesse : c’est une leçon tirée des pires horreurs

    À chaque décision de justice qui lui résiste, l’extrême droite hurle.

    Dernier exemple : une décision de la Cour Nationale du Droit d’Asile du 8 décembre, aussitôt transformée en fantasme d’« invasion », d’« appel d’air » et de « grand remplacement ».

    Ces affirmations sont fausses.

    Et surtout, elles sont dangereuses.

    Le droit d’asile est né des crimes du XXᵉ siècle

    Le droit d’asile ne sort pas de nulle part.

    Il est né après les pires catastrophes de l’histoire européenne : les persécutions, les déportations, les frontières fermées à ceux qui fuyaient.

    C’est pour que cela ne se reproduise jamais que les démocraties ont adopté en 1951 la Convention de Genève. Cette convention est actuellement signée par 145 pays.

    Son principe est limpide :

    Quand un individu est menacé et que son État ne peut plus le protéger, il a droit à un examen individuel de sa situation.

    Pas un droit collectif.

    Pas un droit automatique.

    Un droit strict, encadré, juridiquement contrôlé.

    Ce que l’extrême droite ment en disant

    Non, la France n’« ouvre pas grand les portes à 2 millions de réfugiés ».

    Non, elle n’accueille pas seule « tous les Gazaouis ou Palestiniens ».

    Non, une religion ne donne aucun droit particulier — ni en plus, ni en moins.

    La décision de la CNDA concerne un dossier, un homme, une situation précise, jugée au regard du droit, pas de l’idéologie.

    Parler « d’officine gauchiste », c’est refuser une vérité simple : Les juges appliquent la loi, ils ne font pas de politique identitaire.

    « Qu’ils soient accueillis par des pays musulmans » : une rupture républicaine

    Cet argument révèle le fond du problème.

    Il nie l’universalisme.

    Le droit d’asile ne connaît ni religion, ni civilisation, ni origine.

    Introduire la foi comme critère, c’est revenir au tri des êtres humains.

    La République française est laïque précisément pour cela : les droits ne dépendent pas de ce que l’on croit.

    Défendre l’asile, sans naïveté

    Défendre le droit d’asile ne signifie pas nier les enjeux migratoires.

    La République doit être organisée et exigeante.

    Mais elle ne peut pas :

    • piétiner ses engagements,
    • attaquer ses juges,
    • désigner des boucs émissaires,
    • ni céder à la peur.
    Céder sur l’asile, c’est céder sur l’essentiel Républicain

    L’extrême droite ne combat pas le droit d’asile parce qu’il serait dysfonctionnel.

    Elle le combat parce qu’il empêche le retour à une politique de rejet, d’arbitraire et de tri.

    Le droit d’asile est là pour rappeler ce que nous avons appris dans le sang : quand on commence à hiérarchiser les vies, plus personne n’est protégé.

    Le défendre, c’est défendre la République elle-même.

  • Depuis quelques jours, un graphique de l’« Observatoire de l’immigration et de la démographie » circule massivement. On y lit que :

    « En 2024, la population immigrée en France a augmenté de 434 000 personnes, un record historique. »

    Marine Le Pen s’en empare pour accuser le gouvernement d’avoir « organisé l’explosion des flux migratoires » et évoquer une « submersion ».

    Problème : ce chiffre est utilisé de manière trompeuse, car il ne mesure pas ce que Marine Le Pen lui fait dire. Voici pourquoi.

    🔍 1. D’où vient réellement le chiffre de 434 000 ?

    Ce nombre ne correspond pas au nombre d’entrées en France en 2024.

    Il s’agit de la variation estimée du stock d’immigrés vivant en France entre 2023 et 2024, d’après les données de l’INSEE.

    📌 Un immigré, au sens de l’INSEE, c’est :

    Une personne née étrangère à l’étranger et vivant en France, qu’elle ait ou non aujourd’hui la nationalité française.

    Donc :

    ✔ une personne naturalisée reste comptée comme immigrée

    ✔ une personne arrivée il y a longtemps reste comptée comme immigrée

    ✔ cette statistique ne distingue pas la date d’arrivée

    👉 On mesure un stock, pas des flux annuels.

    Confondre stock et flux, c’est aussi grave que confondre « nombre de logements existants » et « nombre de ventes annuelles » : on change complètement de réalité.

    🚨 2. Dire que « 434 000 immigrés sont arrivés en 2024 », c’est faux

    La variation du stock inclut :

    des entrées récentes des retours en France d’immigrés déjà partis des personnes régularisées des naturalisés (qui restent comptés immigrés) des corrections statistiques du recensement moins les décès

    Aucun de ces éléments ne mesure directement l’immigration annuelle.

    👉 Le RN laisse entendre qu’il s’agit d’entrées, alors que la donnée n’est pas de cette nature.

    C’est là que réside la manipulation.

    📊 3. Que disent les chiffres officiels — ceux qui mesurent réellement les flux ?

    Les données du ministère de l’Intérieur pour 2024 indiquent :

    ▶ 343 000 premiers titres de séjour délivrés

    (à des personnes venant de pays hors UE)

    Dont :

    une forte part d’étudiants une part importante d’immigration familiale environ 70 000 protections accordées au titre de l’asile

    Par ailleurs :

    ▶ La France reste en dessous de pays comme l’Allemagne ou l’Espagne en proportion de la population.

    Ces chiffres sont publics, vérifiables, opposables.

    📌 On reste très loin du récit d’une rupture historique.

    🇺🇦 4. Pourquoi la hausse du stock est malgré tout forte en 2024 ?

    Essentiellement pour trois raisons :

    1️⃣ L’accueil des Ukrainiens sous protection temporaire

    Depuis 2022, plus de 100 000 personnes fuyant la guerre ont été protégées en France.

    Elles entrent progressivement dans la population résidente comptabilisée par l’INSEE.

    2️⃣ Le rattrapage post-Covid

    2020–2021 : flux historiquement bas

    2022–2024 : retour progressif à la normale

    Comparer 2024 à ces années-là gonfle mécaniquement l’écart.

    3️⃣ Une forte mobilité étudiante

    La France accueille plus de 320 000 étudiants étrangers.

    Beaucoup restent plus d’un an → ils sont comptés comme immigrés.

    Aucun de ces phénomènes n’a été créé par la France seule.

    Ils relèvent de :

    ✔ un contexte international

    ✔ du droit européen

    ✔ de politiques humanitaires assumées

    🧮 5. Le fameux ratio « x25 » sur les années 1990 : un artifice rhétorique

    Le graphique du RN compare 2024 à la moyenne des années 1990.

    Or les années 1990 sont une période historiquement basse :

    chute de l’immigration de travail durcissement progressif de la législation moindre mobilité internationale

    Comparer une période exceptionnellement basse à une période exceptionnellement dynamique permet d’obtenir :

    ➡ des ratios spectaculaires

    ➡ sans que les flux actuels soient objectivement extrêmes

    C’est un effet de base — connu de tout statisticien — mais jamais expliqué dans le discours politique.

    🏛 6. Qui produit ce chiffre ? Un « observatoire »… militant

    L’Observatoire de l’immigration et de la démographie (OID) :

    est une association loi 1901, financée par des dons n’est pas un service statistique public n’est pas un institut de recherche académique ne publie aucune méthode détaillée soumise à validation scientifique

    Ses productions sont massivement relayées par l’extrême-droite, mais rarement par la communauté scientifique.

    Cela ne signifie pas que tout soit faux —

    mais que la manière de cadrer les chiffres sert une thèse politique.

    ⚠️ 7. Conclusion — Quand les chiffres servent le récit, et non l’inverse

    Oui :

    ✔ la population immigrée a augmenté fortement en 2024

    Mais :

    ❌ cela ne signifie pas que 434 000 personnes sont entrées en 2024

    ❌ cela ne prouve pas une « submersion organisée »

    ❌ cela oublie volontairement le contexte (Ukraine, Covid, étudiants)

    Le RN utilise :

    1️⃣ un chiffre réel

    2️⃣ mais qui ne mesure pas ce qu’il prétend mesurer

    3️⃣ puis l’insère dans un récit anxiogène

    C’est cela, la manipulation :

    👉 faire dire aux chiffres autre chose que ce qu’ils disent réellement.

    🎯 Pourquoi c’est grave ?

    Parce que sur des sujets aussi sensibles que l’immigration, la démocratie a besoin de rigueur, pas d’amalgames.

    Les chiffres existent.

    Les institutions statistiques sont solides.

    Le débat doit se faire sur des faits — pas sur des illusions graphiques.

    Les électeurs ont droit à la rigueur d’analyse et non aux manipulations électorales.

  • Je m’appelle Quentin Lagallarde. Né en février 1983, je suis expert en évaluation immobilière et j’ai fondé en 2016 le Cabinet d’Expertise du Cotentin, que je dirige aujourd’hui. J’exerce ce métier avec une exigence constante de rigueur méthodologique, d’indépendance et d’honnêteté intellectuelle, au service des acteurs publics, privés et judiciaires.

    Je suis conseiller municipal de Cherbourg-en-Cotentin depuis avril 2022 et conseiller régional de Normandie depuis octobre 2022, à la suite du départ d’Anna Pic pour l’Assemblée nationale. J’ai adhéré en 2021 au mouvement Place Publique, convaincu de la nécessité d’une action politique sérieuse, responsable et profondément attachée à l’intérêt général.

    Mon territoire est maritime, et j’y suis profondément ancré. C’est pourquoi je porte une attention particulière aux enjeux de la pêche artisanale, à l’avenir de nos littoraux, à la soutenabilité des filières maritimes et à la transmission des savoir-faire qui font l’identité de la Manche.

    Très impliqué dans la vie associative depuis 2013, je suis vice-président du Rugby Club Cherbourg-Hague depuis trois ans. Je considère le sport comme un levier puissant de cohésion sociale, d’émancipation et de solidarité.

    Mes convictions

    Je crois profondément en la social-démocratie. C’est pour moi la voie d’un progrès social, écologique et économique construit dans le respect de l’État de droit, du pluralisme et du débat démocratique. Elle cherche en permanence un équilibre juste entre liberté individuelle, solidarité collective et responsabilité publique.

    Je suis convaincu que les idées extrêmes conduisent au chaos. L’histoire nous enseigne que les projets politiques fondés sur la division, la désignation de coupables ou la contestation permanente des institutions fragilisent la démocratie et la société tout entière, au détriment des plus vulnérables.

    C’est pourquoi je combat les populismes qui manipulent les peurs et simplifient volontairement des réalités complexes. La politique n’est pas une affaire de slogans : elle exige de la rigueur, de la rationalité et du respect pour les faits. Entretenir l’illusion, promettre l’impossible ou jouer sur les émotions ne construit rien de durable.

    Je considère également que la politique est un droit pour toutes et tous. Chacun doit pouvoir comprendre, participer, débattre, être entendu. Le débat public appartient à l’ensemble des citoyens, et non à un cercle restreint de spécialistes ou de professionnels.

    Mon engagement est guidé par cette conviction simple : nous pouvons faire société ensemble, sans renoncer à nos valeurs ni à notre humanité, en acceptant la complexité du réel et en recherchant des solutions concrètes, justes et viables.

    Pourquoi ce blog

    J’ai créé ce blog pour offrir un espace de réflexion politique exigeant, accessible et honnête intellectuellement.

    À une époque où le débat public est trop souvent dominé par la précipitation et la polémique, je souhaite ici prendre le temps d’expliquer, d’analyser et de proposer. Les sujets abordés seront replacés dans leur contexte juridique, économique, social et territorial.

    Ma démarche repose sur trois principes

    La clarté : rendre compréhensibles des sujets techniques sans les déformer. La rigueur : m’appuyer sur des faits, des données et des sources vérifiables. La responsabilité : exprimer des positions argumentées, respectueuses du débat démocratique.

    Je traiterai notamment de logement, urbanisme, transition écologique, aménagement du territoire, action publique locale et régionale, mer et littoral, pêche artisanale, vie associative et enjeux européens.

    Ce blog n’est pas un outil de polémique. Il se veut un lieu d’explication, de pédagogie et de dialogue. Les remarques et contradictions y ont toute leur place, dès lors qu’elles s’inscrivent dans un échange respectueux.

    Je crois qu’une autre manière de faire de la politique est possible : plus honnête intellectuellement, plus humaine et plus tournée vers l’intérêt général. Ce blog est ma contribution, modeste mais sincère, à cette ambition collective.